05/01/2015

Mohammed Hamdaoui et Mireille Vallette: débat animé à la radio

 

"Islamisation de l'Europe: délire ou réalité?"

 

Petit duel entre un musulman progressiste et une "islamophobe".

 

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/en-ligne-directe/

 

Nous parlons entre autres des manifestations allemandes contre l'islamisation. L'initiative fait des paris.jpgémules.

Résistance républicaine et Riposte laïque organisent un rassemblement à Paris:


Dimanche 18 janvier à 14h30, place de la Bourse


Des responsables français et européens prendront la parole lors de cette protestation publique contre la présence de djihadistes sur le territoire français et contre l'islamisation.  

11:22 Publié dans Autres pays, Manifestations, débats, Médias, Suisse | Tags : hamdaoui, vallette, rts, 2015 | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook | | |

Commentaires

mais qui est Mohamed Hamdaoui, et qu'a-t-il fait à part 1 ou 2 buzz?

- un musulman diplômé en socio, un journaliste membre du PS, un élu député au Grand Conseil de Bienne, né en Algérie ou au Maroc ?

Écrit par : genevois déshérité | 05/01/2015

Voici un long portrait, mais... en allemand. Aujourd'hui: journaliste (Wochenzeitung) et député.

http://www.derbund.ch/bern/region/Muslime-sind-die-ersten-Opfer-der-Islamisten/story/11647975

Écrit par : Mireille Vallette | 05/01/2015

merci! quant à l'allemand, c'est ok pour moi & normal pour Bienne

Écrit par : genevois déshérité | 05/01/2015

en bref, ce rassemblement à Paris serait représenté côté islam pour la Suisse, par un touareg d'Algérie receuilli par famille d'accueil à 3 ans pour être soigné de sa polio par TerredesHommes,
et qui y est resté pour y prendre la nationalité CH, faire carrière dans le PS à Bienne grâce au journalisme et à la politique.

Bref. en Suisse, on fait comme on peut.

Écrit par : genevois déshérité | 05/01/2015

On ne demanderait qu'à lui "lâcher les babouches", mais bon... Il manque de crédibilité tout de même.

Écrit par : Déblogueur | 05/01/2015

Devra-t-il faire face à des imams remplaçants inconnus, ce qui nivèlerait le débat au niveau zéro

remplaçants d'imams inconnus & expulsés du territoire (raison non officielle) comme l'imam Mohamed Hammami, responsable religieux de la mosquée Omar du 11e arrondissement de Paris, expulsé du territoire français (annonce du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls).

http://www.setal.net/L-imam-de-la-mosquee-Omar-a-Paris-expulse-de-France_a7263.html

Écrit par : genevois déshérité | 05/01/2015

Pour résumer les propos victimaires de Monsieur Hamdaoui, la première image qui me vient à l'esprit est celle des trois singes:

- je ne vois pas
- je n'entends pas
- je ne parle pas

Il n'est pas le seul dans ce cas, il suffit de lire certains commentaires sur la page FB de Ligne Directe.

Tout d'abord, le titre est "l'islamisation de l'Europe"! Donc si ce monsieur ne veut que voir ce qui se passe dans sa petite ville provinciale de Bienne, il est possible qu'il ne verra pas grand-chose. Et s'il ne voit pas, cela ne signifie d'ailleurs pas du tout qu'il ne s'y passe rien. Il avoue qu'il ne surfe pas sur internet (pour se renseigner).

Il est certain que face au grand silence des médias, et plus grave encore, celui des politiciens qui me donnent surtout l'impression d'être de vulgaires vendus prêts à tout pour rester au pouvoir même si cela va contre les intérêts du Peuple, il est difficile au citoyen lambda d'avoir une idée sur l'islamisation rampante de l'Europe si il ne cherche pas des infos alternatives.

Suite aux commentaires sur la page FB (Ligne Directe), il ne faut vraiment pas avoir peur du ridicule pour comparer PEGIDA à breivick. Merci au membre du PS neuchâtelois, le Kamarad Béguelin.

L'islamisation de l'Europe, un fantasme? Thilo Sarrazin a estimé, en prenant les données actuelles de l'immigration et des taux de fécondité des femmes allemandes et des musulmanes, qu'en 2100, l'Allemagne sera majoritairement musulmane.

Écrit par : G. Vuilliomenet | 05/01/2015

« Mohammed Hamdaoui et Mireille Vallette: débat animé à la radio »

Vous mentionnez "débat", il n'y a pas eu de débat.

Vous aviez le beau jeu Madame Vallette.

Faute de pouvoir justifier quoi que ce soit, et apparement ne sachant pas comment vous attaquer, M Hamdaoui a passé son temps à nous parler des ses lectures de toilettes, du beau et du mauvais temps, et de ses vacances.

Néanmoins, je me permets la remarque suivante:

Votre lecture du Coran, et votre recours repété à citer le Coran, ou faire référence à son contenu, dans un cadre politique, dans votre cadre, est *** extrêmement *** déplacé. En tant que non-musulmane que vous êtes, l'usage que vous faites du Coran est tout simplement profane, et tous les croyants, y compris les chrétiens, le ressentent et vous considérent comme profanatrice.

Je dirais la même chose si vous faisiez de même avec la Torah, à moins que vous ne soyez juive.

Bref, vous n'aviez pas d'opposition digne de ce nom et le débat c'est transformé en discours en 3 parties de Mme Vallette.

Maintenant le poids de conviction de ce discours, à chacun de vous le dire.
Mais il me semble que vous connaissez dejà la mienne.

Écrit par : Chuck Jones | 06/01/2015

Je suis chrétien, Chuck et pour tout dire, j'en ai rien à cirer des enseignements du pédophile de service. Marre de tendre l'autre joue. Jesus est le fils de Dieu et ne sera jamais juste l'un des prophètes du précité. La Sainte-Trinité sera toujours un élément incompatible avec l'Islam donc merci de ne pas parler pour les Chrétiens. Je constate aussi que l'ancienne basilique Sainte-Sophie à Istanbul, haut lieu du Christianisme, a pour but de redevenir une grande mosquée, sous les coups de boutoirs d'Erdogan et de son gouvernement. On se demande bien quelle religion profane l'autre depuis des années. Ce que je vois également, c'est que les Chrétiens ont pratiquement disparu du Moyen-Orient à force de se faire massacrer.

Écrit par : Laurent Lefort | 06/01/2015

M. Hamdaoui est une sorte de "musulman idéal" mis en avant par la RTS pour donner l'impression que les islamocritiques ne sont que d'affreux racistes.
Oui, les musulmans sont les premières victimes de l’islamisme. En quoi est-ce un argument ? Est-ce que cela change quelque chose au fait qu’il faut être vigilant ?
Oui, le problème vient en partie de l’Occident lui-même (consommation à outrance, perte de valeurs etc.). Mais cette prise de conscience n'est pas incompatible avec la prise de conscience que l'islam est un réel danger pour nos démocraties. Si on tombe malade, on essaie de renforcer son système immunitaire ET on lutte contre le virus. Le virus étant l’idéologie et les leaders, pas les personnes lambda.
Non, M. Hamdaoui n’a pas tué James Foley. Mais ceux qui ont tué James Foley l’ont fait au nom de l’islam.
Non, en se promenant dans les rues de Bienne ou ailleurs on ne voit pas d’exécutions publiques, d’agressions de musulmans sur des non-musulmans etc.. Mais ces horreurs qui se passent ailleurs font partie d’un système appelé «islam». Comment ne pas s’inquiéter quand on voit que ce système de pensée cherche à s’implanter chez nous ? La première chose que devraient faire nos élites est d'entendre cette inquiétude. Ensuite seulement, on pourra réfléchir avec toutes les personnes de bonne volonté (y compris issues du monde musulman), par exemple à la question de savoir si l'islam peut être réformé en Europe.

Écrit par : Laurence | 07/01/2015

Paris => Charlie Hebdo => attentat terroriste

Ils ont crié Allah Akhbar au nom de l'Islam, ils ont crié avoir vengé le Prophète au nom de l'Islam, mais comme d'habitude cela n'a rien à voir avec l'Islam.

Que l'on ne me dise pas que ces 100'000 nouveaux musulmans que l'on devrait accueillir en Suisse ne vont JAMAIS poser problème.


http://tempsreel.nouvelobs.com/medias/20150107.OBS9449/en-direct-charlie-hebdo-victime-d-une-attaque-a-l-arme-automatique.html

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 07/01/2015

« La première chose que devraient faire nos élites est d'entendre cette inquiétude. »

Mais nos élites sont au courant, puisque c'est eux qui ont organisé cette "Armée Industrielle de Réserve" pour abaisser la limite inférieure des bas salaires et empêcher les bas salaires d'augmenter au même taux que l'inflation et s'assurer un profit. Rien de tel que Marx comme piqûre de rappel ...

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Le rôle de l’immigration de main-d’œuvre dans le système capitaliste d’Europe de l’Ouest*, par Stephen Castles et Godula Kosack

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* Cet article est paru pour la première fois sous le titre « The function of labour immigration in Western European capitalism », New Left Review, 1972, 73, p. 3-21. Traduit de l’anglais par Annick Madureira-Renon, avec l’autorisation de la revue.
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La domination des masses laborieuses par une petite classe dirigeante capitaliste n’a jamais été fondée sur la seule violence. La domination capitaliste repose sur un ensemble de mécanismes, dont certains sont le produit objectif d’un processus économique et d’autres constituent des phénomènes subjectifs dérivant de la manipulation mentale. Deux de ces mécanismes, abondamment traités par les fondateurs du socialisme scientifique, sont l’armée industrielle de réserve, qui appartient à la première catégorie, et l’aristocratie ouvrière, qui relève de la seconde. Les deux sont étroitement liés, comme le sont les facteurs objectifs et subjectifs dont ils résultent.

Engels observait qu’à « toutes les époques, sauf dans les courtes périodes de plus grande prospérité, l’industrie anglaise a besoin d’une réserve de travailleurs sans emploi, afin de pouvoir produire les masses de marchandises que le marché réclame précisément pendant les mois où il est le plus animé » [Engels, 1960]. Marx démontre que le surplus ouvrier — « l’armée industrielle de réserve » — n’est pas seulement le produit de l’accumulation du capital et de l’augmentation de la productivité du travail qui lui est associée, mais « le levier de cette accumulation », « une condition d’existence du mode de production capitaliste » [Marx, 1872-1875]. Ce n’est qu’en faisant entrer toujours plus d’ouvriers dans le processus de production que le capitalisme accumule du capital, condition nécessaire pour développer la production et utiliser de nouvelles techniques. Ces techniques nouvelles privent les travailleurs de leur emploi, ceux-là même dont le travail en a permis le développement. Ces ouvriers constituent alors une réserve de main-d’œuvre prête à être employée dans d’autres secteurs, selon les intérêts de la classe capitaliste. « La conversion, toujours renouvelée, d’une partie de la classe ouvrière en autant de bras à demi occupés ou tout à fait désœuvrés imprime donc au mouvement de l’industrie moderne sa forme typique. » [Ibid.] La pression de cette armée industrielle de réserve contraint les ouvriers actifs à accepter des horaires excessifs et des conditions de travail déplorables. Plus important encore, « dans leur ensemble, les variations du taux général des salaires sont exclusivement déterminées par les mouvements d’expansion et de contraction alternatifs de cette armée de réserve » [Ibid.]. Si le taux d’emploi croît et que l’armée industrielle de réserve décroît, les ouvriers sont davantage en mesure de demander de meilleurs salaires. Quand cela se produit, les profits et l’accumulation de capital reculent, l’investissement chute, les travailleurs sont mis au chômage, allant grossir l’armée de réserve, et les salaires baissent. Tel est fondamentalement le cycle économique capitaliste. Marx mentionne la possibilité que les ouvriers, refusant la loi « naturelle » de la surpopulation relative, se syndiquent pour en affaiblir l’effet par « l’action commune entre les occupés et les non-occupés » [Ibid.].

L’aristocratie ouvrière a également été décrit par Engels et Marx. En accordant des privilèges à certains secteurs bien organisés de la main-d’œuvre, les artisans pour l’essentiel (non aisément remplaçables, compte tenu de la formation nécessaire, par des membres de l’armée industrielle de réserve), les capitalistes ont réussi à entamer leur conscience de classe et à placer à leur tête une direction opportuniste non révolutionnaire (Engels, 1962, p. 28). Des avantages spéciaux, revêtant parfois la forme symbolique d’une condition sociale plus élevée (vêtements différents, appointements et non simples salaires, etc.) plutôt que de rémunérations matérielles, étaient également octroyés aux contremaîtres et aux travailleurs non manuels dans le but de les distinguer des autres travailleurs et de les amener à identifier leurs intérêts avec ceux de la classe capitaliste. Engels indique que les privilèges accordés à certains ouvriers britanniques étaient possibles en raison des vastes profits réalisés par le capitalisme en dominant le marché mondial et grâce à l’exploitation impérialiste de la main-d’œuvre d’autres pays (Engels, op. cit., p. 505). Lénine souligne les effets de l’impérialisme sur la conscience de classe : « L’impérialisme […] crée la possibilité économique de corrompre les couches supérieures du prolétariat ; par là même, il alimente l’opportunisme, lui donne corps et le consolide » [Lénine, 1963]. « Une partie de ce prolétariat se laisse diriger par des hommes que la bourgeoisie a achetés ou que, tout au moins, elle entretient », ce qui tend « à diviser les ouvriers [et] à provoquer la décomposition momentanée du mouvement ouvrier. » [Ibid.]

Dans la phase actuelle de capitalisme de monopole organisé, l’armée industrielle de réserve et l’aristocratie ouvrière n’ont pas perdu leur rôle de mécanismes de domination. Néanmoins, leur mode de fonctionnement a considérablement changé. En particulier, le maintien d’une armée industrielle de réserve est devenu, dans les pays capitalistes développés d’Europe de l’Ouest, de plus en plus difficile. Avec le développement du mouvement ouvrier au lendemain de la Première Guerre mondiale, les crises économiques et le chômage ont créé des tensions politiques constituant une menace pour l’existence même du système capitaliste. Le capitalisme a réagi en instaurant des régimes fascistes là où il était le plus menacé, afin d’éliminer les conflits sociaux par la violence. L’échec de cette stratégie, qui a abouti en 1945 à la défaite du fascisme, s’est accompagné d’un renforcement du bloc non capitaliste en Europe de l’Est et d’un nouvel essor du mouvement ouvrier en Europe de l’Ouest. Pour survivre, le système capitaliste a dû rechercher l’expansion continue et le plein emploi à tout prix. Or, le plein emploi se heurte à un principe fondamental de l’économie capitaliste : le recours à l’armée industrielle de réserve pour conserver des bas salaires et des profits élevés. Il fallait donc trouver un substitut à la surpopulation ouvrière traditionnelle sans laquelle l’accumulation du capital est impossible. De surcroît, en dépit de l’économie keynésienne, le développement cyclique du système capitaliste ne peut être complètement évité. D’où la nécessité de trouver un moyen d’atténuer les effets des crises pour entraver la progression de tensions sociales dangereuses.


Les immigrants, nouvelle armée industrielle de réserve

La solution à ces problèmes, l’Europe de l’Ouest capitaliste la trouve dans l’emploi de travailleurs immigrés de ses régions méridionales sous-développées ou du tiers monde(1). Les chômeurs de ces régions forment aujourd’hui une surpopulation ou armée de réserve « latente(2)», que les pays industrialisés importent au gré des intérêts capitalistes. Outre ce rôle économique, l’emploi de travailleurs immigrés remplit pour le capitalisme une fonction sociopolitique importante : en créant une différence entre travailleurs immigrés et nationaux sur des bases nationales et raciales, en offrant aux seconds de meilleures conditions de travail et un statut supérieur, il est possible de donner à de larges fractions de la classe laborieuse le sentiment d’appartenir à une aristocratie ouvrière.

L’emploi de main-d’œuvre immigrée dans la production capitaliste n’est pas un phénomène nouveau. Les Irlandais ont joué un rôle vital dans l’industrialisation du Royaume-Uni. Outre qu’ils ont apporté leur force de travail à la réalisation de gros travaux de nature temporaire sur les voies ferrées, les canaux et les routes (Thompson, 1968), leur concurrence a fait baisser les salaires et les conditions de travail de tous les ouvriers. Engels dépeint l’immigration irlandaise comme « une cause de l’abaissement où se trouvent les travailleurs anglais, une cause qui contribue à réduire encore sans cesse le standard de vie de cette classe sociale » (Engels, op. cit., p. 85). Marx voit dans l’antagonisme entre ouvriers anglais et irlandais, artificiellement créé par les médias de la classe dominante, « le secret de l’impuissance de la classe ouvrière anglaise, malgré son organisation (3)» [Marx, 1870]. En s’industrialisant dans la seconde moitié du XIXe siècle, la France, l’Allemagne et la Suisse importent, elles aussi, de la main-d’œuvre étrangère, qui vient de Pologne, d’Italie et d’Espagne. En 1907, l’Empire allemand comptait 800 000 travailleurs étrangers. Plus d’un tiers des mineurs de la Ruhr étaient Polonais. La Suisse comptait en 1910 un demi-million d’étrangers, soit 15 % de sa population totale. En France, l’industrie lourde a été fortement dépendante de la main d’œuvre immigrée jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Pour Lénine, l’une des caractéristiques de l’impérialisme est « la diminution de l’émigration en provenance des pays impérialistes et l’accroissement de l’immigration, vers ces pays, d’ouvriers venus de pays moins avancés, où les salaires sont plus bas » [Lénine, 1963]. Cette caractéristique est la cause essentielle de la division de la classe ouvrière. Le capitalisme fasciste instaure une autre forme d’exploitation de travailleurs immigrés : le travail forcé. Pas moins de 7,5 millions de déportés venus des pays occupés et de prisonniers de guerre travaillaient en Allemagne en 1944, remplaçant les hommes recrutés par l’armée. Un quart environ des munitions allemandes étaient fabriquées par une main-d’œuvre étrangère (Pfahlmann, 1968).

Comparée à cette époque, l’immigration de main-d’œuvre dans l’Europe de l’Ouest contemporaine présente deux traits nouveaux. Le premier est sa permanence dans la structure économique. Auparavant, la main-d’œuvre immigrée était employée de façon plus ou moins temporaire, quand l’armée industrielle de réserve du pays ne suffisait pas dans le cas de situations exceptionnelles comme une guerre ou une expansion particulièrement rapide. Or, à partir de 1945, de nombreux travailleurs immigrés occupent des postes clés dans le processus de production, ce qui fait que même en cas de récession, il est impossible de se passer d’eux. L’autre nouveauté est que cette main-d’œuvre forme la base de l’armée industrielle de réserve moderne. D’autres groupes qui pourraient théoriquement remplir la même fonction – les femmes sans emploi, les handicapés et les malades chroniques, membres du lumpenproletariatn’étant pas en situation de travailler, ont déjà été intégrés dans le processus de production dans la mesure où cela profitait au système capitaliste. Recourir davantage à ce type de main-d’œuvre supposerait des mesures sociales coûteuses (telles que la création de jardins d’enfants). L’armée industrielle de réserve traditionnelle, constituée d’hommes mis au chômage par la rationalisation et les crises cycliques, n’existe presque plus aujourd’hui, pour les raisons déjà mentionnées. L’immigration est devenue vitale pour le système capitaliste.

(1) Nous abordons dans cet article le rôle de la migration de travail pour les pays d’immigration. L’émigration joue aussi un rôle stabilisant non négligeable pour les régimes réactionnaires des pays d’origine, rôle compris et, dans une certaine mesure, prévu par la classe dirigeante d’Europe de l’Ouest. Si nous nous intéressons ici uniquement à l’Europe de l’Ouest, il faut savoir que l’utilisation de catégories particulières de travailleurs susceptibles de subir une discrimination sans éveiller la solidarité de la classe ouvrière est une caractéristique générale du capitalisme moderne. Les Noirs et les Chicanos constituent l’armée industrielle de réserve des États-Unis, les Africains celle de l’Afrique du Sud blanche. Les tentatives actuelles de capitalistes « libéraux » pour mettre fin à la discrimination raciale et ouvrir aux Noirs certains emplois qualifiés ou administratifs, tant aux États-Unis qu’en Afrique du Sud, sont sans doute louables d’un point de vue humanitaire, mais restent essentiellement destinées à affaiblir les syndicats et à faire pression sur les salaires.

(2) Marx mentionne différentes formes revêtues par l’armée industrielle de réserve. L’une est le surplus « latent » des ouvriers agricoles, dont les conditions de vie ont tellement baissé qu’ils n’attendent qu’une occasion favorable de rejoindre le prolétariat industriel urbain [Le capital, Livre premier, chapitre XXV-III. Texte en ligne]. Ils ne font pas encore partie de la main-d’œuvre industrielle, mais le fait qu’ils puissent à tout moment être employés dans l’industrie renforce la capacité du capitalisme à repousser la hausse des salaires. Cette armée industrielle de réserve latente joue le même rôle que le chômage urbain. Les travailleurs sans emploi d’autres pays, dans la mesure où ils peuvent être incorporés chaque fois que nécessaire dans la main-d’œuvre industrielle, forment clairement eux aussi une armée industrielle de réserve latente, à l’instar des chômeurs ruraux du pays.


pour lire la suite de l'article ...

http://newleftreview.org/article/download_pdf?language=fr&id=800

Écrit par : Chuck Jones | 07/01/2015

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