15/10/2016

Qui peut m'obliger à vivre?

Ne pas pouvoir soi-même décider à quel moment la vie ne vaut plus la peine d'être vécue me révolte.  C'est aussi ce qu'un ami pensait. Il s'est suicidé grâce à l'association Exit. Récit.


Il voulait mourir, ses frères le lui interdisent. Il estime que le décès de sa femme et les douleurs de l’âge suppriment tout sens à son existence, eux considèrent au contraire que sa vie vaut la peine d’être vécue. Ils ont donc décidé d’empêcher par tribunal interposé l’intervention d’Exit qui assiste ceux qui ont décidé que l’heure était venue.

Mes frères et sœur auraient-il le droit de vie et de mort sur moi ?

Rappelons au préalable qu’euthanasie et suicide assisté ne sont pas assimilables. Ce dernier correspond à la décision de la personne de se suicider et de demander qu’au lieu d’être obligée de sauter du 6e étage ou de se jeter sous un train (lorsque c’est encore possible), on veuille bien lui tendre un verre empli d’un liquide qui l’endormira, le plongera quelques minutes dans le coma, puis lui ôtera en douceur et sans douleur la vie.

Depuis 2001, le Code pénal suisse autorise l'assistance au suicide, à condition que celle-ci ne soit pas motivée par un «mobile égoïste». Le discernement du patient est exigé.

J’ai accompagné un ami lors de son suicide assisté. Un accident de la route l’avait progressivement privé de toute activité (écrire, lire, écouter de la musique classique -sa passion-, se promener). Ses vertiges s’accentuaient, il dormait très mal. De multiples maux physiques le ravageaient.

Nous avions souvent parlé d’Exit ensemble, j’en étais aussi membre.

Réveil tardif

Sobel_Mi.jpg

Plusieurs mois avant de franchir le pas, il avait contacté Jérôme Sobel, médecin et président de l'association (photo) pour un entretien. Et lors d’une Xème et douloureuse hospitalisation, il a pris sa décision. Il quitterait l’hôpital pour mourir chez lui. Il a réuni le dossier exigé: diagnostics et pronostics de médecins (il en avait tant consultés!), accord de sa famille lointaine, questionnaire personnel. Lorsque je lui ai rendu visite à l’hôpital, j’ai appris qu’il serait seul ce jour-là. Il a accepté avec reconnaissance ma proposition d’être présente.

Le jour dit, j’avais mal réglé mon réveil et mal dormi, je me suis levée tard. Je l’ai prévenu que je ne serais pas à l’heure dite. Je me sentais coupable d’une telle faute un jour si grave. Et les questions se pressaient: comment m’habiller? Qu’allais-je lui dire? Allait-il revenir sur sa décision? Quels témoignages d’affection pourrais-je lui prodiguer? Bref comment se comporter avec un ami qui va mourir?

Ma grande surprise, c’est que mon ami, lui,  s’est comporté de la manière la plus naturelle qui soit. La bénévole d’Exit avec laquelle il était en contact était déjà là. Elle lui a demandé s’il était toujours décidé. Il a confirmé. Il s’est montré égal à lui-même, plein d’humour, nous montrant l’annonce mortuaire qu’il avait rédigée et racontant les mesures qu’il avait prises pour son enterrement.

Il lui fallait avaler un anti vomitif, et attendre vingt minutes. La discussion s’est poursuivie, bien plus légère que je ne l’imaginais. Nous avons parlé d’Exit, du pari de Pascal, de sa vie. Et le moment est arrivé. Il a dû répondre une nouvelle fois à la question de savoir s’il désirait toujours prendre la solution. Il n’a pas hésité une seconde.

Après avoir avalé le liquide, il a accepté en riant la proposition de la bénévole de boire un verre d’eau de vie pour atténuer l’amertume. Il s’est mis à indiquer où trouver la bouteille et au milieu de ses explications, il s’est endormi. Durant une dizaine de minutes, son corps a réagi, émis quelques bruits. J’ai demandé à la bénévole s’il n’était pas encore conscient, s’il se sentait partir... Elle m’a rassurée. Et tout est devenu silencieux.

Police et médecin légiste

La police était prévenue, le médecin légiste aussi. Ils n’ont pas tardé à arriver. Les agents m’ont posé des questions sur ma présence et sur le déroulement du suicide. Ils m’ont fait signer mon témoignage.

Tout était terminé pour moi. Je suis partie. Malgré la tristesse, je me suis sentie rassurée: Exit est une belle assurance sur la mort. Celle-ci n’est plus un drame, un dénouement tragique. Sa perspective soulage celui qui la désire et elle est généralement comprise, malgré la douleur, par les proches.

Toutes les morts souhaitées et aidées par Exit ne sont peut-être pas aussi sereines. Mais la femme que nous a montré la télévision romande jeudi était carrément joyeuse. Cette décision n’est pas prise sur un coup de tête. Il n’arrive presque jamais qu’au moment fatidique, la personne refuse de prendre le liquide létal.

Les parents d’une amie ont aussi décidé de mourir avec Exit. Tous deux le même jour. Après une retraite active et heureuse, ils étaient frappés de maladies incurables et ne voulaient pas attendre l’agonie. Ils sont partis comme ils le désiraient. Leur fille, impressionnée par l’empathie et le sérieux des accompagnants, a voulu s’engager dans l'association. La maladie dont elle souffrait elle-même, une douloureuse arthrose, l’en a rapidement privée. Elle s’était fixé un minimum de conditions pour une vie digne d’être vécue. Elle ne voulait ni fauteuil roulant, ni EMS. Elle a décidé elle-même le jour de l’ultime voyage. Elle, et non les bonnes âmes qui croient si bien savoir à quel point l’existence peut être acceptable, même quand elle frise l’enfer.

Les soins palliatifs sont une alternative pour ceux qui le souhaitent. En ce qui me concerne, je ne vois pas quel plus ils m’apporteraient. Maîtriser la douleur, et après? Rendrait-elle du sens à ma vie? Et toutes les douleurs ne peuvent être supprimées. Cette amie ne pouvait supporter les antiinflammatoires et fort peu d’autres médicaments.

Il se trouve que je fréquente assidument les EMS depuis une dizaine d’années. Les atteintes physiques et psychiques que j’y vois renforcent ma peur de m’y retrouver un jour. Et j’aimerais pouvoir demander que si Alzheimer ou un mal de ce genre me frappe, Exit puisse intervenir pour abréger mes souffrances. L’organisation y songe, mais avance prudemment. L’article du code pénal exige le discernement du patient. Le public de son côté, de plus en plus nombreux, adhère aux buts de l’association.

Un modèle impossible à exporter en France

Pour son 25e anniversaire, Exit a invité François de Closets. Voici de larges extraits de sa conférence. Elle date d'une dizaine d'années mais reste tout aussi profonde.

«Voilà, vu de l’étranger, ce que représente l’expérience d’Exit, une expérience qui me semble avoir toutes les qualités moins une: la reproductibilité. Car l’on peut toujours, au prix d’une naturalisation plus ou moins transformatrice, importer une loi d’un pays à l’autre. En revanche, on ne saurait transposer ce qui tient à la tradition, à la culture, je dirais même au génie d’un peuple.

Exit, suicide assisté, François de Closets

(…) J’y vois moins un modèle à suivre qu’un défi à relever. Car ce qui se fait ici condamne tout ce qui n’est pas fait ailleurs. Cette réponse contemporaine, humaniste à l’ultime rendez-vous rend intolérable le silence, l’archaïsme, l’inhumanité qui est de règle dans le monde moderne. Toutefois, cette exemplarité se double d’une irréductible altérité, plus j’en célèbre les vertus et moins je les imagine greffées sur la culture française.

Pour la France, une telle législation ne saurait venir qu’au terme d’une fort longue concertation, elle comporterait des dispositions nombreuses, extrêmement précises, des clauses et conditions soupesées dans la balance du jugement dernier.

Quelle est donc la base législative de votre autodélivrance? Rien qu’un article de loi qui dépénalise l’aide au suicide dès lors qu’elle n’obéit pas à des mobiles intéressés.

Imaginez que l’on transcrive telle quelle cette disposition dans la loi française, que se passerait-il? Rien de comparable à Exit, je le crains. En effet, cette licence législative serait bien insuffisante pour responsabiliser une pratique de suicide assisté. À elle seule, elle risquerait de déboucher sur un n’importe quoi, intolérable en une telle matière, et qui, bien vite, susciterait une réaction prohibitrice. Les Français, comme la plupart des peuples d’ailleurs, ne font pas bon usage d’une honnête liberté. Ils finissent toujours par la dévoyer. La loi et le règlement encadrent donc au plus juste les actions individuelles. Une législation sur la fin de vie poserait des conditions, des habilitations, des autorisations, des exceptions, des contrôles et des procédures. C’est d’ailleurs l’obstacle qui est constamment soulevé en France par les esprits les plus ouverts. De fait, le juridisme français ne peut rien imaginer en la matière qui ne débouche sur un code de 150 pages. Totalement impraticable!

Car de tels actes et de tels instants ne sauraient être pollués par un bureaucratisme tatillon. Ce qui est bon pour l’étude d’un notaire ne convient pas au chevet d’un mourant. Indispensable, la rigueur se doit d’imposer les règles les plus simples, les plus souples. Pour le reste, les acteurs agissent et réagissent en hommes et femmes de conscience, tout à l’écoute du patient, cherchant la parole juste, le geste approprié, la réponse aux questions non formulées.

(…) Tous les hommes et les femmes d’Exit l’ont vécu dans leur admirable compagnonnage des fins de parcours. Pour y répondre, ils se sont fiés à l’amour de l’autre et pas à une casuistique réglementaire.

Tel est donc le mystère ou le miracle d’Exit: avoir montré les limites de la loi, avoir su prendre le relais des textes pour fonder les actes sur la responsabilité des individus. Voilà assurément ce que j’ai le plus admiré dans l’entreprise qui a été menée à bien depuis un quart de siècle. Des citoyens libres et responsables qui ont su faire le meilleur usage de la liberté. Qui se sont donnés les principes et les règles, la rigueur et la disponibilité, l’exigence pour soi et la tolérance pour l’autre afin de socialiser, de civiliser la mort. Un jeu si dangereux qu’il fait trembler hors de vos frontières et que vous avez apprivoisé avec le calme, le sérieux et le naturel d’une infinie sagesse.

Oui, la loi n’a rien fait par elle-même. Elle vous a permis de faire et c’est tout. Vous portiez en vous cet humanisme des temps nouveaux qui conduit à l’autodélivrance responsable. Vous n’avez pas suivi la route balisée, vous avez trouvé le chemin en marchant. C’est pourquoi il est le meilleur, c’est pourquoi aussi, il est le vôtre. Vous montrez la direction, mais vous seul pouvez marcher dans vos pas, vous seul possédez désormais cette conscience collective sans laquelle la plus humaine des solidarités pourrait devenir la plus inhumaine des institutions.

(…) La réponse moderne à l’éternel défi de la mort. Longtemps celle-ci a effrayé l’humanité. Un effroi qui ne naissait pas de l’avant mais de l’après, de l’au-delà. L’agonisant redoutait, plus encore que ses souffrances présentes, le monde redoutable qui l’attendait, le juge impitoyable, le châtiment éternel (…) Le prêtre était le consolateur obligé des fins de vie.

La plupart d’entre nous vivent et meurent dans l’incertitude d’un néant irrémédiable et, lors même qu’ils conservent en eux une dimension spirituelle, ils ne redoutent plus les feux de l’enfer. Nos derniers instants devraient s’en trouver apaisés. (…)

L’homme contemporain devrait donc connaître une fin de vie empreinte de sérénité. On sait ce qu’il en est. L’angoisse, les frayeurs, les terreurs sont toujours au lit des agonisants. Ce n’est plus la crainte de l’au-delà qui les nourrit, c’est celle de l’en-deçà. Le malade se trouve emporté dans une course folle dont il ne connaît que l’issue.

(…) Ceux qui furent accompagné vers l’autodélivrance n’ont pas manifesté ces souffrances, ces terreurs, ces angoisses. À l’image de Jean dans le film (réd : qui montre un suicide assisté), ils avaient retrouvé la maîtrise de leur destin et cette réappropriation de leur mort en chassait la peur.

(…) L’autodélivrance n’est pas l’obligatoire panacée, c’est en quelque sorte l’assurance contre le mauvais sort. Elle donne à tous la sérénité, alors même qu’elle n’est demandée que par une minorité.

(…) Je veux espérer que la fécondité de votre entreprise sera contagieuse, que chaque communauté saura aussi sur votre exemple trouver le secret d’une fin de vie maîtrisée par les hommes. Ceux qui croient au ciel comme ceux qui n’y croient pas.»

17:22 Publié dans Suisse | Tags : exit, suicide assisté, françois de closets | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Facebook | | |

Commentaires

"Les Français, comme la plupart des peuples d’ailleurs, ne font pas bon usage d’une honnête liberté. Ils finissent toujours par la dévoyer."
1. C'est pour cela que leurs élites veulent absolument les priver de tout droit de référendum sur les sujets essentiels. C'est un argument d'une parfaite malhonnêteté, confondant les effets et les causes. Si vous déresponsabilisez les gens, ils se comportent en irresponsables...
2. Le site "les observateurs" illustre systématiquement le sujet "Exit" par un médecin en blouse blanche brandissant une hache sur un malade alité. C'est pourquoi je me suis permis de vous faire remarquer que toutes les religions se valent et sont nocives à des degrés divers selon l'époque...
Les fachos catholiques ne sont aujourd'hui pas aussi nocifs que leurs chers frères nazislamistes, mais cela pourrait très rapidement changer...

Écrit par : Géo | 15/10/2016

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La France se résume par cette simple constatation: personne ne fait confiance à personne, et même personne ne peut faire confiance à personne. C'est la raison pour laquelle l'économie est à la ramasse. Entre autres choses.

Écrit par : Charles | 15/10/2016

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MERCI pour ce texte qui, je l'espère, fera réfléchir des Français pour qui le suicide assisté serait un crime. Le crime, c'est obliger à vivre une personne qui ne fait que SURvivre dans la douleur, dans l'indignité, dans le désespoir!

Écrit par : mia vossen | 15/10/2016

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@Madame Valette hormis que ce geste n'a pas besoin d'être révélé au monde entier ,je suis de votre avis
Cependant il y a quelque chose de très malsain avec tous ces articles vantant les mérites d'Exit ,mérites que je ne remets pas en cause
Ils fleurissent dans les médias au moment ou nombre de proches aidants auraient besoin qu'on leur remonte la pendule
Ou que d'autres ayant tenté plusieurs fois de se suicider de guerre lasse après avoir été récupéré in-extrémis ont décidé de tourner la page une fois pour toutes avec leur propre mort car devenus fatalistes ils acceptent une fois pour toutes de ne pas être semblables a tous ceux se réclamant de la pensée unique ou autre dogme sectaire et qui aimeraient tant les voir rentrer dans le troupeau des moutons
Beaucoup alors auront le réflexes des anciens qui sont morts de leur belle mort c'est que se sentant harcelés par ces articles vantant le suicide beaucoup jetteront tous les écrits familiaux et concernant leur passé
C'est ce qui s'est fait dès les premiers articles sur Exit !
Des tonnes de manuscrits ont disparu dans les poubelles et ceci juste avant la mise en route de la taxe au sac
jamais autant la mort d'aura été mise à l'honneur de la part de gens et ils sont nombreux à en avoir la trouille pour eux mêmes et leurs proches et qui tous ne manqueront pas d'en parler pour se faire plaindre à ceux qui viennent de perdre une ou un conjoint
On est loin des années après guerre ou tous marqué par le chagrin de la perte d'un proche ,pas un ne parlait de mort .Même entre elles les veuves n'en parlaient jamais pour ne pas démotiver leurs petits enfants dont elles avaient la garde
On vit une drôle d'époque tout le mode ou presque est scandalisés face aux attentats mais une fois l'écran TV éteint on reparle de la mort c'est comme à l'époque ou il fallait se taire pour que les adultes puissent écouter les infos,
les jeunes s'étaient construits un monde à part avec des drogues pour les aider à mieux appréhender un monde qui semblait mieux apprécier les morts d'inconnus que leurs proches vivant près d'eux
De fait quand on cherche quelqu'un pour dialoguer de nos jours seuls les sujets manger et mourir semblent retenir l'attention, d'ou la marginalisation de plus en plus remise à la mode par ceux justement qui enfants devaient manger avec pour seuls dialogues de sourds des infos relatant des morts
Très belle journée pour Vous Madame

Écrit par : lovejoie | 16/10/2016

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- « Cependant il y a quelque chose de très malsain avec tous ces articles vantant les mérites d'Exit ,mérites que je ne remets pas en cause. » (lovejoie)

Ca doit être la conjonction du phénomène Papy-Boom et de l'adéquation du besoin des journalistes et des publicitaires, qui semblent vouloir convaincre tous ceux qui regardent beaucoup la télévision et lisent beaucoup les journaux et les blogs, que les vieux, ca ne sert à rien, donc ils coûtent très cher à la société, en nourriture, en médicaments, et en soins de tous genres.

D'ailleurs, ça ne m'étonnerait pas que les banquiers soient derrière Exit, comme ils l'étaient derrière le Brexit. Pour soulager la conscience des jeunes, qui pourraient passer du temps à échanger avec leurs vieux des idées plutôt que de l'argent, ce qui est très ennuyeux pour les banquiers, vu que tout le temps que l'on ne passe pas à chercher à gagner de l'argent, c'est de l'argent perdu par les banquiers, vu que, ce qui fait la valeur de l'argent, c'est pas le temps des banquiers, c'est le temps des autres.

Car c'est bien connu, quand on est riche, on a le temps d'attendre, et que les banquiers pauvres, ça ne court pas les rues, surtout pas les rues de Genève, des rues très chères très chères.

Car il est écrit ... et bien écrit ... en toutes lettres ... bien latines et françaises, ... et je me tue à le répéter tout en soufflant très très fort et très très souvent dans mon sifflet d'alerte nucléaire ...

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o.O
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14 « C’est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens.

15 À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt,

16 celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres.

17 De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres.

18 Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.

19 Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes.

20 Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : “Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.”

21 Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.”

22 Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.”

23 Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.”

24 Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain.

25 J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.”

26 Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu.

27 Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts.

28 Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix.

29 À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a.

30 Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !”

( Saint Matthieu - Chapitre 25 )
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Ah la la, si seulement Jesus avait eu les cheveux blancs ... ptet que les banquiers et les assureurs et les politicens et les médias et les religieux (la liste es longue) ne seraient pas aussi pressés de voler aux hommes leur temps, quand en plus ils font le nécessaire pour faire croire aux autres qu'ils n'en ont jamais assez, ou jamais assez d'argent.

Écrit par : Chuck Jones | 16/10/2016

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"29 À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a.

30 Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !”"

Joli rappel. Charité chrétienne sans doute. Et il y en a d'autres du même tonneau.

Écrit par : Charles | 16/10/2016

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"Ne pas pouvoir soi-même décider à quel moment la vie ne vaut plus la peine d'être vécue me révolte. [...]

Qui peut m'obliger à vivre?"

C'est toujours amusant quand un socialiste dit cela.

Notez chère Mireille que moi aussi cela me révolte. Mais par contre, en bon libéral, je suis cohérent:

Ne pas pouvoir soi-même décider à quelles conditions on contracte, avec qui et pour quelle durée me révolte tout autant.

Mutatis mutandis qui peut m'obliger à contracter?

Ne pas pouvoir soi-même décider avec qui on est généreux ou solidaire, avec qui on décide de partager ou non le fruit de son travail, donc de son temps de vie dépensé à fournir un effort pénible, me révolte tout autant.

Mutatis mutandis qui peut m'obliger à partager?

C'est assez fantastique que des gens qui prétendent à la solidarité obligatoire ou à réglementer de A à Z les échanges économiques des autres en les empêchant de décider pour eux-mêmes, viennent ensuite pleurer qu'en matière d'euthanasie d'autres prennent la même posture totalitaire qu'eux se permettent de prendre en économie.

Vous avez déjà fait la moitié du chemin en prenant le contre-pied de vos camarades de parti avec l'Islam. C'est bien, je vous en félicite et vous soutiens dans votre combat contre cette religion totalitaire. Il vous encore reste à faire l'autre moitié du chemin vers la liberté en divorçant des socialistes également en matière économique.

Après vous pourrez venir pousser des cris d'orfraies contre ceux qui veulent décider à votre place de la possibilité de mettre fin à votre vie.

Écrit par : Frederic Bastiat | 16/10/2016

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Lorsque la fureur de vivre est en nous, la mort est l'ennemi. Un autre ennemi accompagne la mort, ce sont les douleurs physiques. Mais pire encore, la prise de conscience que nous allons devoir tout laisser, ne pas pouvoir voir et grandir les petits, les amis, le monde, la science etc.

Certains pensent, ou plutôt croient, à tort qu'ils reverront leurs ancêtres et chers disparus c'est le curé ou le pasteur, le rabbin ou l'imam qui l'ont dit, tient donc, ils sont dans la même histoire inventée.....

le paradis et les conditions pour y entrer ne sont pas identiques, car chacun son roi et ses fables. (Tu n'aimeras qu'un seul dieu) Les musulmans mettent les non-musulmans d'office en enfer!!

Les rois et leurs religieux se sont accaparés de notre naissance, notre vie, notre mort. Puis, ils ont tricoté pour les rois Pharaons l'après-vie, -idyllique pour eux, quant à la populasse, le tribunal des flagrants délires des rois, le paradis et l'enfer afin de mieux dominer les ouailles et les faire guerroyer à leur avantage.

C'est toute une histoire, ou, il faut des années d'expériences et de recherches sur le pourquoi de nos croyances et des religions en fait, la véritable histoire de nos ancêtres quoi....
Rien à voir avec ce que nous racontent les religieux.

La mort nous appartient, les lois en France et ailleurs ont été élaborées sous "l’œil de Moscou" au vatican, dans les châteaux et par les inféodés de politiciens, aux services des rois et princes de tous poils et leurs fables, aux croyances zinzins.
Les historiens, aux croyances zinzins, et d'autres ont traduit l'histoire humaine à leur sauce de croyants. La mort, c'est dieu, mais ils ne se gênent pas pour pour faire ou organiser les guerres.

Mireille Vallette, c'est un très bon sujet qui doit intéresser les français toujours plus nombreux, mais minoritaires, à ne plus croire aux idioties religieuses et aux fables.

les religieux aimaient raconter aux anciens que les douleurs étaient la rémission de nos péchés, même pour un gamin né handicapé ou tué dans un accident, ils n'ont pas honte aujourd'hui?
Une cousine de 16 ans a été tuée dans un accident, le curé a indiqué pendant l'office que: "dieu avait rappelé Yvette à ses côtés d'une manière un peu brutale, mais que désormais, elle était à la droite de dieu"

J'avais quatorze ans, je n'ai pas cru à ses âneries, je lui ai piqué l'argent dans les troncs ou les croyants donnaient en fait pour aller au paradis. J'ai bu son vin.....

L'idéal d'une fin de vie c'est aussi de savoir, par des preuves, que le néant est éternel à l'échelle humaine. Il faut savoir mourir et pouvoir profiter de la science....Humaine ici sur terre.

Félicitation à l'association et à vous.

Écrit par : Pierre NOËL | 16/10/2016

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"On ne prend pas ma vie, je la donne" est un verset évangélique des plus connus.

Le lit de souffrance d'un malade n'en pouvant plus de souffrir est comparable à la croix instrument de torture comprise comme un lit de souffrances et l'acharnement thérapeutique au coup de la lance au côté qui HISTORIQUEMENT par effet de pneumothorax prolongeait l'agonie par asphyxie des crucifiés afin qu'il souffrent plus longtemps.

Membre d'EXIT depuis des années je ne trouve qu'une chose à redire: le produit létal ne pourrait-il pas quant au goût être amélioré?

EXIT permet une approche apaisée de la mort.

La mort par le monde religieux souvent présentée non comme fin de vie mais passage... d'une étape à la prochaine.

"Passons sur l'autre rive"! Merveilleux Gospels et negro spirituals autrefois chantés pas Les Compagnons du Jourdain dont l'un d'entre eux qui présente Dieu comme un chef de train qui conduit au paradis: "(...) En voiture, petits enfants...!

L'Inde présente nos vies comme des robes (nos corps) que nous (nos âmes) enfilons.

Nos corps passent nos âmes demeurent.

On peut, en espérant cette force d'amour dite Père (pourquoi pas et mère?) se dire: "Petite âme (soi-même) écoute grande âme soit l'Amour

et se dire que de tels enfants de l'Amour ne peuvent (nous-mêmes) être que des amours d'enfants.

Un peu de poésie dans nos vies...

Écrit par : Myriam Belakovsky | 17/10/2016

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La poésie ne remplace pas la réalité Myriam. Dans la réalité, rien interdit la poésie.

Nos âmes demeurent, ah oui, je n'y avait plus pensé elles naviguent dans les airs comme les fantômes.............. *L*

Bonne journée à vous et lovejoie...

Écrit par : Pierre NOËL | 17/10/2016

@Pierre Noel Je vous remercie et pour faire suite au commentaires de la correspondante que je ne nommerai pas afin d'éviter le pire qui elle souligne l'absence de poésie dans nos vies et le rire ainsi que la tendresse et la chaleur humaine autres que des touches de clavier toutes ces valeurs ou sont elles ?
Et la bagatelle qui n'a jamais tué personne ?
Je na sais pas l'âge que vous avez mais en 1951 les photos de classe n'exprimaient pas le joie de vivre et au regard du monde actuel en tous cas celui montré par les médias ,on ne peut pas dire que la pensée positive ou l'optimisme égayent davantage de visages
Aussi je comprends très bien les gens et des jeunes qui en ont marre d'un monde qui veut toujours plus mais en attendant toujours plus et encore des autres qui ont déjà donné toute leur vie
Quelle comédie que la vie qui elle a toujours été associée à la mort!
Tandis que l'automne et ses commémorations de guerre n'ont jamais réjoui les visages surtout de nos jours ou nombre de gens ont adopté une mode, le culte des morts oubliant ceux restés seuls après l'ensevelissement
Noel a sans doute été inventé pour cette raison /rire
Très bonne journée pour Vous aussi

Écrit par : lovejoie | 18/10/2016

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@lovejoie

Les touches de clavier comme d'orgue furent celles de Bach comme effleurées par Couperin.

La musique, dit-on, adoucit les mœurs

de la part, lovejoie, de la correspondante que vous ne "nommez pas"!

Clara Haskil ("clarinette" pour Dinu Lipatti) absente un jour de descente de la gestapo chez elle pour l'arrêter souffre abominablement du dos,
Cure, emplâtrée.
Par bonheur un parent médecin.
A peine rétablie, tumeur au cerveau.
Intervention chirurgicale (à l'époque)!
Enturbannée répétition en vue d'un concert.

Faiblesse dans les bras et les poignets.

Carrière en péril.
Se retire puis soulagement: en jouant piano pianissimo les forte paraîtront plus sonores...

Héroïne sans médaille.

Pour la Noël, selon possibilités, invitée, par qui?
Forces rires avec, entre autres, son ami Charlot.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 18/10/2016

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@ Pierre NOEL,


"La poésie ne remplace pas la réalité,
Dans la réalité rien n'interdit la poésie":

Ainsi un poète, pauvre, très amoureux, savourait un potage, une "soupe".

Il écrivit: "J'aime tes mains qui font la soupe
la bonne soupe que je mange

Ta soupe est un beau paysage
chou fleur y danse et persil y fleurit

J'aime tes mains

ce sont les mêmes qui font de la musique
et toi qui es un ange

Par la suite ce poème fut mis en musique chanté par la cuisinière, cantatrice Lucienne

Quant à l'auteur, Edmond Kaiser, la réalité il connaissait, croyez-moi.

Mais il rêvait.

"Au paradis
les chevaux de bois

mangent de fine avoine

Il y a du pain pour tout le monde

et de l'âme pour les animaux.

Mis en musique, également.


Les pauvres, Pierre NOEL,
n'en déplaise aux riches

ont leurs dons et talents eux aussi

Je crois plus en tels dons et talents
qu'aux pétrodollars...

et mon petit Paimpolet de Brocéliande de me souffler de ne pas m'en faire:

"On ne peut en ses commentaires à chacun plaire"

(voyez, Pierre NOEL, ce petit char sait faire rimer sans même le vouloir)

Écrit par : Myriam Belakovsky | 18/10/2016

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