29/03/2017

Formation pour imams: Ben Achour ou les limites de l’ouverture

Les imams genevois sont invités à se frotter à notre culture par une formation continue universitaire. L’un des intervenants indique la voie qui se dessine.


En automne de cette année, la faculté de théologie de Genève ouvrira un cursus de formation continue pour imams à la demande «de nombreuses communautés musulmanes». Il est destiné avant tout, selon le recteur Yves Flückiger, à «intégrer les imams à la culture suisse». Le projet ne peut qu’être applaudi, c’est un joli défi.

Au sommaire (provisoire): des cours de français ( ??? on aurait cru que Genève était pourvue), d’histoire, de droit, d’éthique. Mais aussi, indique le responsable de cette formation François Dermange, un probable cours de religion qui présentera «des théologies musulmanes qui soient compatibles avec les exigences scientifiques et académiques de l’université». Une intention téméraire à l’heure du littéralisme dispensé dans les communautés. On nous avait d’ailleurs promis une telle approche pour le Centre islam et société de Fribourg, les responsables ont rapidement remis les pendules à l’heure.

Ben Achour.jpg

Le professeur et juriste tunisien Yadh Ben Achour sera l’un des intervenants. C’est l’occasion d’examiner quelques thèses (et limites) de cet homme ouvert, qui apprécie les apports de l’Occident.

L’habituel ping-pong des critiques envers l’islam et celles de nos sociétés est garanti. De même que la pression à accepter des mœurs contraires aux nôtres, comme la dissimulation des cheveux et du corps des femmes. Ou des actions contraires à la laïcité -qu’il souhaite revisitée- comme le financement des mosquées.

Ben Achour, Tunisien, est un progressiste. Il a activement participé à la nouvelle constitution tunisienne qui représente la forme la plus avancée de libération du poids de l’islam dans un pays musulman.

Le professeur dévoile son approche dans une conférence donnée à l’université de Genève en octobre 2016. (1) C’est un humaniste très inspiré par l’Occident, qui estime que nos pays doivent faire beaucoup d’efforts pour intégrer les musulmans et ceux-ci quelques-uns pour modérer l’archaïsme de leurs convictions.

Les musulmans (et l’islam) doivent changer: accepter l’autonomie personnelle, la sécularisation, la supériorité des lois humaines. « La religion islamique -en tout cas en Europe- doit faire l’effort d’admettre cette liberté qui n’est pas vraiment la sienne à l’origine ».

Les Européens doivent faire leur autocritique

Il faut ménager les susceptibilités musulmanes en valorisant l’islam, ce qu’il fait abondamment, en le dédouanant du terrorisme, en exagérant ses apports à l'humanité et en minimisant ceux de l'Occident. Pour lui, la présence musulmane en Espagne n’était pas une occupation, mais un bienfait: «Jusqu’au 14e-15e s l’Europe médiévale se voit culturellement dominée par la civilisation islamique ou arabo-islamique» ; «La barbarie est le fait de toutes les civilisations» ; « L’élément explicatif essentiel ne doit pas être recherché dans la religion elle-même ». Il insiste sur un soi-disant extrémisme occidental, considérant que la défense contre l’agression musulmane (dans l’histoire) est un repli sur soi et le rejet de l’islam (aujourd’hui) un racisme.

Pas de critique du bouclier utilisé pour empêcher le débat sur cette religion, l’islamophobie. Il fait même de la lutte contre cette fourberie une priorité. Et dégaine contre les nationalistes et autres racistes: «Il faut maintenir la lutte ancestrale de l’Europe contre toutes les formes de nationalisme qui débouchent sur la haine de l’Autre et en particulier sur l’islamophobie» Il fait donc, comme tant d’autres, l’amalgame entre islamophobie (rejet d’un système politico-religieux) et racisme (haine d’êtres humains pour ce qu’ils sont).(2) Les discours comme celui de Benoît XVI à Ratisbonne, les ouvrages d’Oriana Fallaci, Bruce Bawer ou Thilo Sarrazin sont à ses yeux autant de fautes occidentales… auxquelles les éruptions de violence musulmane répondent logiquement.

Les musulmans ne doivent pas changer

Alors que les libéraux de son pays luttent farouchement contre la burqa, Ben Achour estime normal qu’elle puisse se déployer chez nous, de même que le burkini: «Ce ne sont pas quelques dizaines ou centaines de burqas ou de burkinis qui vont changer les configurations sociologiques d’une société.» «Il revient à l’Europe de reconnaitre les pratiques d’un certain islam, même si elles ne correspondent pas au goût ou à l’esthétique traditionnels des pays européens.» Il ne s’agit ni de goût, ni d’esthétique, mais de rejet des traditions sexistes. Et tous les prédicateurs radicaux portent ces revendications. Quel lien entre ces dernières et «l’islam des lumières» (que l’orateur a découvert chez des intellectuels francs-tireurs, mais pas au sein des associations musulmanes)?

Occident/islam, c’est kif-kif

Pour le professeur, l’antagonisme entre islam et Occident serait un phénomène largement créé par les médias: «antagonisme culturel tracé à l’avance, que les médias manipulent au gré des craintes réelles ou des peurs inventées» ; «L’islam a été en guerre très souvent contre l’Europe. Mais l’exploitation de cette réalité historique incontestable à des fins idéologiques est contestable et dangereuse» ; «L’excès de réalisme est aussi préjudiciable que l’excès d’idéalisme». L’excès de réalisme? Que voilà un intéressant concept!

La sempiternelle «ignorance de l’islam» est au rendez-vous. Les Européens seraient réticents à accepter les valeurs et modes de vie islamiques parce qu’ils les connaitraient mal. Sont-ils ignorants aussi, tou(te)s ces ex-musulman(e)s qui ont exactement les mêmes  réticences, voire davantage?

Les musulmans s’intègrent, mais bizarrement, il faut une offensive massive pour les y aider sur les plans culturel, politique et pédagogique «intervention conjuguée et coordonnée des ONG, universités, autorités locales, régionales, Eglises, autorités islamiques…» dans un «immense champ d’action politique». Une opération qui ne couterait que trois francs six sous...

On intègre en finançant des centres musulmans et leur culte

Le professeur est pour une «laïcité raisonnée adaptée au contexte de l’Europe actuelle qui n’est plus celle de 1905». Plus clairement dit: adaptée au contexte des dizaines de millions de musulmans qui ont fait souche, et surtout de leurs activistes.

Les associations musulmanes doivent être subventionnées; pas par l’impôt, mais tout de même par de l’argent public (mais où trouve-t-on de l’argent public qui ne provienne pas des impôts?). «Il faut que l’Etat, puis toute la société civile (musulmans et non-musulmans), contribuent au financement de l’exercice des cultes ». On suppose qu’il inclut les nôtres, mais entre les besoins de nouvelles mosquées et les besoins de nouvelles églises, le financement sera dirigé vers l'islam.

Pour Ben Achour, «la citoyenneté doit reconnaitre la liberté et le droit de la religion, de la Ben Achour2.jpgcroyance et du culte dans leurs manifestations légitimes»… Quelles manifestations sont légitimes ? A part le niqab et le burkini, il ne précise pas.

Le conférencier cite en conclusion l’historien Jacques Le Goff: il s’agit de «faire passer le musulman de la situation d’Autre à celle de concitoyen à part entière». Si l’Autre cesse de nous imposer ses rites et ses mœurs rétrogrades au nom d’un livre et d’un prophète au statut immuable, pas de problème !

Laurence, avec la collaboration de Mireille

16:54 Publié dans Genève, Manifestations, débats | Tags : ben achour, université, formation imams | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook | | |

Commentaires

Lisez le livre de V.KLAUS et J.WEIGL, Migration des peuples! Vous comprendrez beaucoup de choses en seulement 95 pages.
Un témoignage de gentille musulmane à l'école: "Dans mon pays, peu de femmes portent le foulard mais, ici, on nous oblige à le porter. Au Centre, je risque des ennuis si je vais la tête nue" NB. Centre géré par de bons Belges qui ne veulent en aucun cas être "islamophobes".
Et ceux qui aiment la littérature, liront avec profit "Soumission" de Houellebecq et ceux qui voient loin "2084" de Boualem Sansal....

Écrit par : Mia Vossen | 29/03/2017

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C'est totalement vrai, c'est la gauche dans tous nos pays qui impose le voile aux musulmanes, une amie algérienne qui ne le porte pas ici, se fait insulter par des maghrébins, en revanche elle est tranquille quand elle va en Algérie, même dans son petit village, personne ne lui dit rien, si elle est tête nue! Sur le site de l'ISESCO les dossiers sous la rubrique (plans et stratégies)!

Écrit par : Degoumois Dominique | 29/03/2017

Message envoyé par "Bamyan". Sa profondeur mérite qu'il soit connu:

"Votre angoisse face à L'islam tient de la pathologie ma pauvre Mireille, elle est à la hauteur de votre ignorance du sujet."

Écrit par : Mireille Vallette | 30/03/2017

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Fiction.
Nous sommes en 1938. Une journaliste genevoise prénommée Julie, qui suit attentivement depuis dix-huit ans la montée du national-socialisme en Allemagne, publie dans la Tribune de Genève un article extrêmement critique à l'égard de ce qui est alors le parti unique en Allemagne. Deux jours plus tard elle reçoit d'un lecteur un courrier signé Bamyan dont elle retiendra essentiellement ce passage: «Votre angoisse face au nazisme tient de la pathologie ma pauvre Julie, elle est à la hauteur de votre ignorance du sujet».
Pathétique.

Aujourd'hui, on y voit plus clair: la pathologie était du côté d'Hitler et du nazisme. Tout comme elle est du côté du Prophète et de l'islam. Mahomet et Hitler furent tous deux de dangereux psychopathes et l'un comme l'autre ont entraîné de nombreuses personnes dépourvues de sens critique dans leur maladie.
D'où la nécessité de se montrer vigilants.

Écrit par : Mario Jelmini | 30/03/2017

A propos d'"excès de réalisme"!
Voir les choses comme elles sont peut conduire à un désespoir net.
Avec, pour remède, ou issue, le bon sens lequel indique forcément la bonne direction. La bonne "tenue", également.
Bon sens, bonne direction ainsi que, foi ou non, bonne foi.
Droiture.
Droiture, quand bien même cela rimerait, n'étant pas forfaiture.
Duplicité, ruse ou mensonge moyens "officiels* par lesquels l'islam est invité à s'infiltrer.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 30/03/2017

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La Suisse comme l'Europe marchent sur la tête:

-Laïcité-

" Si les pays occidentaux n'ont pu s'épanouir et se réaliser que par et dans la séparation entre "religieux" et "législation" ou "société", cela s'explique par leur histoire et leurs rapports avec le religieux qui avait cours sur leur sol. Ce modèle étant une solution ayant été apportée pour résoudre des problèmes précis s'étant posés à une civilisation précise au cours de son histoire, il serait incompréhensible de vouloir exporter cette solution dans une autre civilisation, là où les problèmes sont totalement différents. C'est bien pourquoi les populations des pays musulmans ne veulent pas, dans leur majorité, avoir recours à cette solution-là pour s'épanouir "

http://www.maison-islam.com/articles/

Ben Achour a une bonne pratique de la taqiyya, se fondre dans la foule, dissimuler et faire croire que...

Seules les carpes avalent ses mots comme un leurre.

L'heure est à la dés-islamisation de l'Europe voir de l'Occident -et de la Suisse.

Écrit par : Pierre NOËL | 31/03/2017

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Bonjour,
J'étais allé voir ce "Conférencier" en Octobre il avait alors une sono impeccable.. mais son propos pro-islam gentillet m'avais fait partir avant la fin de son discours... Bizarrement lors de la venue de Boualem Sansal, dans la même salle de l'Uni, la sono était déplorable; j'en ai fait part au directeur de la conférence qui m'avait rétorqué que c’était dû au fait d'une surdité naissante de M.Sansal... je vous laisse deviner mon rire...

vous n'avez pas ou peu parlé de la communauté Illyrienne(Albanais) de Suisse qui à récemment mis les règles et lois de notre pays au-dessus des lois coraniques

Qu'en pensez-vous

Écrit par : Félix | 31/03/2017

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Je pense que les chartes n'engagent que ceux qui croient en leur efficacité. Prôner la laïcité et l'islam est en totale contradiction venant de l'UAIS (la fédération opposée à celle de Memeti). D'autre part, dénoncer l'islam radical comme le fait cette charte vise le terrorisme. Le problème de l'UAIS est d'être sous l'emprise du wahhabisme (http://bit.ly/2ojunGv) qui ne prône pas chez nous (en principe) le terrorisme, mais la charia version Arabie saoudite. A long terme, les dégâts sont plus graves.

Écrit par : Mireille Vallette | 31/03/2017

«Pour Ben Achour, la citoyenneté doit reconnaitre la liberté et le droit de la religion, de la croyance et du culte.»
Je vous rassure, Monsieur Ben Achour, notre constitution reconnaît la liberté de choisir sa religion ou de ne pas en avoir, contrairement à l'islam qui interdit aux musulmans de quitter leur religion. Par conséquent, je vous propose de mettre en pratique au sein de l'islam ce que vous demandez aux Suisses de mettre en pratique pour vous...

Écrit par : Sonia | 31/03/2017

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Il semble que beaucoup de ceux qui parlent positivement de l'islam, n'ont pas pris le temps de lire le coran, les hadiths et quelques dossiers du site de l'ISESCO!

Écrit par : dominique degoumois | 31/03/2017

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