06/09/2017

Pascal Gemperli monte au créneau

Dans une «opinion» publiée dans Le Temps, Pascal Gemperli répond aux viles accusations que lui vaut l'interview radiophonique qui fait l'objet de mon précédent post.


Le président de l'UVAM donne à Jacques-André Haury, auteur d’une lettre de lecteur publiée dans le quotidien, des exemples de terrorisme chrétien. Et de citer quelques mouvements dont ont a peine a percevoir les convictions  chrétiennes et qui d’ailleurs se réfèrent assez rarement à la Bible: «les milices anti-balakas en République centrafricaine» qui en fait sont en conflit avec des milices musulmanes, exactions à la clé des deux côtés. Il mentionne aussi le Front de libération nationale du Tripura et le Conseil national socialiste du Nagaland en Inde, le Ku Klux Klan et l’Armée de résistance du Seigneur en Ouganda, étrange mélange de christianisme et d’animisme. Pour défendre sa thèse, la récolte est mince.

Ces conflits font d'ailleurs un nombre de victimes bien dérisoire comparé aux 100'000 morts du terrorisme islamique depuis 2001. Mais sur ce terrain, Gemperli recule prudemment: « au bilan comparatif historique et contemporain de ces atrocités prétendument chrétiennes ou islamiques, tel que demandé par M. Haury, je laisse cela aux experts ». On a vu dans le papier qui précède ce qu’il en est. L'adepte d'Allah cite comme il est d’usage dans ce genre polémiques un aimable verset du Coran. (Mais pourquoi n’avons-nous pas de droit d’en citer qui sont infiniment moins aimables?)

Suit un morceau de pédagogie qui se termine par un zest de triviale philosophie: «... la violence fait partie de la nature humaine et non d’une religion en particulier. (…) Le terrorisme est aussi islamique qu’il serait chrétien, à chacun de juger.» En réalité, vous seriez totalement dans l’erreur en pensant que vous avez le droit de juger qu’il serait islamique.

Gemperli fait allusion à mes affirmations, mais prononcer mon nom est strictement interdit dans son milieu: «Parler du terrorisme prétendument chrétien n’est pas une tentative de relativiser son pendant islamique, comme certains me le reprochent Il s’agit seulement de «restreindre le champ d’argumentation des démagogues qui tentent sans cesse d’établir un lien naturel entre islam et violence». Mais une petit question encore: pourquoi les minorités, chrétiennes en particulier, sont-elles persécutées dans tant de pays musulmans et pas l'inverse?

Arrivent les traditionnels sanglots longs des violons… de la victime. Le titre de ce texte nous a mis dans l'ambiance: «L’appel au secours d’un musulman». «...plus je scrute le fond de ma conscience, plus je constate qu’il s’agit en réalité d’un appel au secours. Un appel contre la violence symbolique dont souffre notre communauté quasiment au quotidien». Les centaines de milliers de victimes du terrorisme islamique ne souffrent pas que symboliquement.

Le président de l’UVAM cite ensuite quelques propos souvent «proférés»: «L’islam n’est pas compatible avec la démocratie», «entre l’islam et le terrorisme islamique, ce n’est pas une différence de nature mais de degré» ou «distinguer islam et terrorisme est absurde». Avant de conclure à l’absurdité, si on en débattait? Ceux qui profèrent ces affirmations ont assez souvent des arguments fort savants à avancer.

Et le violon reprend ses tremolos: «stigmatisation généralisée», «présomption de culpabilité vis-à-vis des musulmans et de leurs représentants» (notons son habile passage d’islam à musulmans).

Gemperli reprend la contre-attaque au livre de Saïda Keller Messahli initiée par le directeur du Centre suisse islam et société dans la Tribune de Genève et y ajoute la culpabilité journalistique: «De nos jours, il est possible de proférer publiquement des accusations graves (de salafisme, de wahhabisme, etc.) contre des personnes irréprochables sans avancer d’éléments justificatifs. Une soi-disant experte de l’islam en Suisse peut affirmer que la majorité des imams seraient d’obédience salafiste et que le courant modéré de l’islam serait quasi inexistant en Suisse tout en continuant à être invitée par les médias. Et pourtant, les accusations gratuites sont prohibées par l’art. 7 de la Déclaration des devoirs et des droits du/de la journaliste du Conseil suisse de la presse.» Osera-t-il déposer une plainte au Conseil de la presse? La contre-offensive sera sans doute plus subtile.

Pour le musulman vaudois, deux phénomènes menacent aujourd’hui la paix sociale et notre mode de vie: «l’extrémisme dit islamiste» et celui des «protectionnistes identitaires » (on ne la connaissait pas celle-là). Mais dans ce cas, Gemperli ne compare pas les victimes dues à l’un et aux autres.

Il conclut: «Je vois comme une obligation patriotique d’empêcher les deux à la fois d’infester notre société avec leurs idées dangereuses.»

Définition du mot infester: «Ravager un lieu par des actes de violence, des attaques brutales.» A éradiquer donc. Parce que le débat, Monsieur Gemperli ne connait pas.

 

 

15:01 Publié dans Attentats, Manifestations, débats, Médias, Suisse | Tags : pascal gemperli | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | |

Commentaires

Soyons précis: le Coran demande de massacrer, réduire en esclavage ou transformer en dhimmis les mécréants là où la Bible raconte l'histoire du peuple juif - histoire cruelle comme toutes les histoires à l'époque - là où les Chrétiens qui se conduisent mal le font en CONTRADICTION avec les paroles de Jésus!!

Écrit par : Mia Vossen | 06/09/2017

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Et le sort des goys dans la torah qui en parle?????

Écrit par : dominique degoumois | 06/09/2017

Dans la Torah, on dit clairement que l'étranger doit être respecté, sauf s'il vous attaque, auquel cas on a le droit le plus absolu de se défendre.

Écrit par : Alena Hochmann | 07/09/2017

Et le nazisme, prenons juste cet exemple, n'est-il pas à lui seul suffisant pour justifier, puisqu'il s'agit semble t-il de justification, à ma compréhension, pour dédouaner les sempiternelles belligérances musulmanes ?

Je ne vais énumérer la totalité des entreprises saintes concoctées par l'église catholique, ni les innombrables victimes des inquisitions et autres christianisations sauvages, ces christs élevés dans les cités andines alimentés en sang humains pendant des siècles, non, ici, ces périodes rouges de souffrances, on ne les nommes pas "terrorisme".

Sommes-nous affranchis de la terreur chrétienne à jamais, l'occident est-il à jamais vacciné contre ce qui résonne encore comme les pires barbaries que la planète ait connu ?

Le 21ème siècle sera t-il laïque ou ne sera t-il pas ?

Finalement, les musulmans sont de piètres chrétiens !

Écrit par : Corto | 07/09/2017

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Comme le répète à l'envi Patoucha, Jésus Christ est un Juif, la bible est un livre juif et donc les horreurs commises par les chrétiens sont à mettre sur le dos des Juifs. Je me trompe ?

Écrit par : Géo | 07/09/2017

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« Et le nazisme, prenons juste cet exemple, n'est-il pas à lui seul suffisant pour justifier, puisqu'il s'agit semble t-il de justification, à ma compréhension, pour dédouaner les sempiternelles belligérances musulmanes ? » [Sic]

Ça, c'est du "Corto", mais pas de l’Hugo Pratt. D'abord, sa phrase est si mal fichue qu'on peut la comprendre à l'envers de ce qu'il tente de dire. Ensuite, le sujet dont on parle porte sur les attentats et le terrorisme actuels (depuis 2001) et voilà que cet individu saute sans élan à l'inévitable "reductio ad hitlerum". Le nazisme, selon lui, serait d'inspiration chrétienne. Je n'avais pas encore réalisé mon aberrante compréhension. Je n'avais pas su lire entre les lignes de "Mein Kampf" pour voir qu'Hitler ne s'inspirait nullement de supériorité raciale, d'antisémitisme, de peuple aryen, de nationalisme, d'espace vital, mais qu'il se réclamait en fait de Jésus, de Dieu le Père, du Saint-Esprit, de la Sainte Vierge, de saint Pierre, d’Ignace de Loyola et du Vatican.

Sans doute afin de se rapprocher de l’actualité, il se rapporte ensuite à l’Inquisition, à des «christianisations sauvages» [sic], il fantasme sur «ces christs élevés dans les cités andines alimentés [qui ? les christs ? les cités ?] en sang humains [sic !!] pendant des siècles [!!!!]» et déplore sur un ton lourd de reproches qu’ «ici, [c.à.d. sur ce blog] ces périodes rouges de souffrances, on ne les nommes [sic !!!] pas "terrorisme". » Belle envolée lyrique, on l’admettra, qui mérite bien qu’on en oublie l’orthographe. En fait, il range sous «terrorisme» tout ce qui se réfère à une violence collective, guerres et révolutions incluses. C’est hors sujet !

«Corto» ne peut donc amener aucun filet d’eau au moulin à l’arrêt de Gemperli. Ce marin des sables tente de pêcher des arguments dans un passé révolu et dans des actions qui ne relèvent ni du christianisme ni du terrorisme. En fait il exprime une christianophobie viscérale, «phobie» étant ici le bon suffixe puisqu’il n’existe aujourd’hui nulle part de menace «christianiste» ! Se rapporter aux messages du pape actuel pour confirmation.

Pour finir, l’Occident serait selon lui coupable des «pires barbaries que la planète ait connu». Je ne sais pas s’il inclut dans ces «pires barbaries» celles de Lénine, Staline, Mao, Pol Pot, celles du GIA après celles du FLN, celles, alternativement, des Hutus, des Tutsis et de diverses ethnies africaines, entre autres ? Dans ce cas, l’Occident correspondrait à la planète et le christianisme à l’humanité d’Adam à Bergoglio. Il devrait donc aussi endosser les crimes de masse islamiques de Mahomet à l'EI.

Écrit par : Normandy | 08/09/2017

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« À chacun une orientation vers laquelle il se tourne. Rivalisez donc dans les bonnes œuvres. Où que vous soyez, Allah vous ramènera tous vers Lui, car Allah est, certes Omnipotent. » (2 :148)

C’est le verset, ici complet, que nous assène l’honnête et modéré Gemperli, en vue, sans doute, d’illustrer la tolérance, l’accueil, l’ouverture de l’islam, et de justifier l’inclusion de ce corps étranger dans notre société. J’ai tiré de la même sourate (dite de « La vache »), parmi une flopée de billevesées, quelques autres versets qui «réorientent» sensiblement cette présentation. [1]

«Eh bien, espérez-vous [Musulmans] que des pareils gens (les Juifs) vous partageront la foi? alors qu’un groupe d’entre eux, après avoir entendu et compris la parole d’Allah, la falsifièrent sciemment» (2 :75)
« Ceux qui ne croient pas et meurent mécréants, recevront la malédiction d’Allah, des Anges et de tous les hommes. » (2 :161)
« Ils y demeureront éternellement; le châtiment ne leur sera pas allégé, et on ne leur accordera pas de répit. » (2 :162)
« Les mécréants ressemblent à [du bétail] auquel on crie et qui entend seulement appel et voix confus. Sourds, muets, aveugles, ils ne raisonnent point. » (2 :171)
« Ceux qui cachent ce qu’Allah a fait descendre du Livre et le vendent à vil prix, ceux-là ne s’emplissent le ventre que de Feu. Allah ne leur adressera pas la parole, au Jour de la Résurrection, et ne les purifiera pas. Et il y aura pour eux un douloureux châtiment. » (2 :174)
« Ceux-là ont échangé la bonne direction contre l’égarement et le pardon contre le châtiment. Qu’est-ce qui leur fera supporter le Feu?! » (2 :175)
« C’est ainsi, car c’est avec la vérité qu’Allah a fait descendre le Livre; et ceux qui s’opposent au sujet du Livre sont dans une profonde divergence. » (2 :176)

Je vous laisse juge. Pour le reste des pleurnicheries aussi pathétiques que manipulatrices de Gemperli, Mireille a tout dit.

[1] http://www.islam-fr.com/coran/francais/sourate-2-al-baqara-la-vache.html

Écrit par : Normandy | 08/09/2017

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