23/03/2018

L'immigration enchantée, suite et fin

La semaine contre le racisme se termine. Les méfaits de la Suisse discriminante et xénophobe ont tenu une nouvelle fois la vedette.


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       L'Office du tourisme de Neuchâtel illustre par ces photos des visites guidées "sur les traces de l’esclavage" dans le canton. Elle font partie des manifestations organisées durant la Semaine contre le racisme.

Parmi les infinies facettes du racisme, les autorités ont choisi pour 2018 «Le verbal et le non-verbal blessant dans le paysage politique suisse». Une expression modernisée et jargonneuse pour une vieille antienne: haro sur les affiches de l’UDC, du MCG, etc. et sur les commentaires venimeux qui polluent la Toile. Les victimes? Selon le Bureau de l’intégration genevois, des «minorités ethno-raciales et/ou religieuses».  

Lors de cette dixième «Semaine Sainte», les fidèles étaient invités comme d’habitude à communier dans la dénonciation des discriminations et autres propos xénophobes, et à dénoncer avec ardeur leurs auteurs.

Les organisateurs, animateurs et intervenants multicolores partagent avec leur public la même conviction: dans notre pays, les noirs sont purs et blancs, alors que nombre de blancs sont vils et noirs. Cette vision manichéenne ne laisse pas la moindre place à la divergence. Comment tolérer qu’un dissident vienne défendre dans l’une de ces innombrables manifestations ce point de vue: l'immigration pose quelques problèmes? Ne prendrait-on pas le risque qu’il propage son discours de haine en soulevant des thèmes aussi nauséabonds qu’identité ou islamisation, voire qu’il s’offusque de l’aimable coutume de femmes couvertes des chevilles aux cheveux?

Comment imaginer une seconde laisser un orateur relever ce paradoxe: nous sommes les seules sociétés à biberonner à l’égalité dès la maternelle, mais les seules coupables de racisme? Inversement, nombre d’immigrés originaires de pays qui enseignent le rejet et n’ont pas eu la chance de participer à des «Semaines contre le racisme» semblent avoir comme par magie abandonné leurs préjugés en abordant nos contrées, et être tout soudain atterrés de découvrir les nôtres.

Comment alors expliquer que parmi les requérants d’asile ou dans les prisons, se déroulent moult rixes et signes de racisme, par exemple entre Somaliens et Afghans ou Irakiens, Maghrébins et Noirs, Russes et Noirs, mais aussi Noirs et Noirs (ethnies ou pays) ? A la prison de Champ-Dollon, suite à des rixes «ethniques» où il y a eu un mort, la prière musulmane a dû être pacifiée: elle a lieu en alternance un vendredi pour les albanophones et un autre pour les Maghrébins.

Chez nous, les immigrés sont invités à rester tournés vers leur culture d’origine, le nouveau credo voulant qu’ils seront mieux réceptifs à la nôtre. Or, comme le remarque la journaliste Elisabeth Lévy, l’histoire de l’Occident est justement celle de l’émancipation des individus de leur groupe social, religieux, ethnique. Cette fixation sur les "cultures d'origine"ne comprend pas leur critique ni l’exigence d’évolution, contrairement à ce que fait depuis des lustres la culture des "pays d'accueil".

université populaire albanaise,upa,marko bandler,semaine antiracisteMalgré ces conflits  racistes, je n’ai jamais vu un débat, une vidéo, une soirée consacré à ce sujet. Les participants au cérémonial annuel reprennent en chœur un discours de victimisation et de valorisation des immigrés qui a pour corollaire, voire comme fondement, le dénigrement de nos démocraties. Côté «victimes», cet incessant rappel de la culpabilité de l'Occident augmente la rancœur, l’agressivité et le rejet, un phénomène désormais en pleine croissance.

Hélène Agbémégnah, membre d'INES,  représentante de Travail.Suisse (organisation faîtière indépendante de travailleurs et travailleuses) et membre de la Commission fédérale des migrations (CFM). 

Le canton de Neuchâtel montre à quel point cette volonté de dénigrer, en l’occurrence le «canton d’accueil», atteint des sommets. Il invite ses immigrés et leurs soutiens à des visites guidées «Sur les traces de l’esclavage à Neuchâtel». Oui, les nouveaux historiens ont trouvé que des hommes d’affaire du cru ont financé des transports d’esclaves. Et même que des intellectuels défendaient l'esclavage! Les immigrés doivent donc savoir que ce fléau figure aussi sur la longue liste des actions scélérates de la Suisse. Mais ils ne doivent en aucun cas connaitre les ombres de leur passé et en parler: il est ainsi inconcevable de consacrer la moindre discussion à l’esclavage arabo-musulman.

J’ai aussi scruté le programme genevois de l’hymne à la diversité. J’y ai patiemment cherché une voix dissonante dans la collection de films, vidéos, dégustations multiculturelles, contes venus d’ailleurs, multiples moments d’émotion liés aux douleurs de l’exil et aux périlleux chemins qui y mènent.

Eh bien, j’en ai trouvé UNE... La mienne.

Albana Krasniqi, directrice de l’Université populaire albanaise (UPA) m’a en effet invitée à une table ronde. Une initiative courageuse, voire audacieuse. J’y côtoyais Hélène Agbémégnah, membre d’INES, un «think tank issu de l’immigration», et le socialiste Marko Bandler, responsable de la cohésion sociale à Vernier. Le public ? Essentiellement des familiers de l’UPA, un «milieu hostile» pour moi, celui avec lequel j’aime le plus débattre.

Le débat s’est passé dans la paix, sinon l’harmonie. Il a montré qu’il est possible pour des université populaire albanaise,upa,marko bandler,semaine antiracistedissidents de la pensée de s’inscrire en faux face au politiquement correct sans déchainer les passions. Marko Bandler a involontairement illustré combien effectivement la défense des immigrés va de pair avec l’éreintement de la Suisse (ses inutiles «mythes fondateurs», ses incroyables exigences de naturalisation, etc). Il a cependant admis que «l’entre soi» de cette semaine antiraciste n’est pas très constructif.

Quant aux citoyens qui n’entendent ni durant cette Semaine, ni dans le débat public en général des voix qui portent leurs critiques et leurs réticences face à l'immigration, ils s’expriment dans les urnes. Et c’est ainsi que les fervents adversaires du «populisme» leur donnent avec ce genre d'exclusions un sérieux coup de pouce.

 

Commentaires

Visiblement, les populations "issues de la diversité" semblent se plaire en Suisse, vu leur nombre.
N'est-ce pas un peu paradoxal? La Suisse étant visiblement un enfer pour quiconque n'est ni blanc ni chrétien.

A quoi sert-il donc de ressortir de la naphtaline un obscur Neuchâtelois, qui aurait financé l'esclavage, il y a plusieurs siècles? Est-ce que ce genre d'information est propice au rapprochement entre les différentes communautés? Ou cherche-t-on plutôt à monter certains groupes contre les méchants Suisses? La Suisse n'a jamais eu de colonies, alors il faut bien trouver qqch.

Ca me fait penser à ces braves Suisses qui ont émigré au Brésil pour fonder Nova Friburgo (attention: ce n'est pas de la colonisation, c'étaient des migrants qui fuyaient la famine dans leur pays), il y a plusieurs siècles également. Il y sont allés avec leur bras noueux pour seule ressource. Pas de centres d'accueil, pas de soutien psychologique, pas de cours de langue offerts par l'Etat..... et pourtant, ils ne sont devenus ni délinquants ni terroristes, à se plaindre d'être des citoyens de seconde zone etc. Ils n'ont pas insisté pour continuer à porter leur costume d'armaillis. Au contraire, ils ont construit des choses et contribué à l'économie et au développement du pays. Evidemment, les sales racistes ne savent rien faire d'autre.

https://www.novafribourg.ch/fr On célèbre le bicentenaire de Nova Friburgo cette année!

Écrit par : Arnica | 23/03/2018

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Pour (l'Observatoire Nationale Contre la Délinquance) en France les mots "blanc" et "sale blanc" sont les plus utilisés par les hommes qui harcèlent les femme dans les rues! Qui en parle???

Écrit par : Dominique Degoumois | 23/03/2018

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La couleur blanche de notre peau serait une "lèpre".
Il n'y a pas racisme que d'un côté.

En ce dimanche de passage à l'heure d'été J'invite chacun à se rendre sur Google prendre connaissance d'un livre qui ne concerne pas votre article présent, Mireille Valette, mais qui ne peut être qu'un trésor

Si c'était Jérusalem sous la direction de Michel Gad Wolkowicz et de MICHAEL
BAR ZVI

lire le texte...simplement... en attendant de passer commande


Bon dimanche.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 25/03/2018

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Notre société d’aujourd’hui se distingue par son absence de nuances.
Nous vivons dans une société du tout ou rien, sans réflexion.
Un à-priori est considéré comme du racisme, du sexisme ou de l’homophobie.

J’aimerai donner une exemple de l’illogisme de notre société actuelle.
En haut lieu il a été décidé de traquer les pseudo-simulateurs bénéficiant de l’AI. Avec détectives privés et même des drones.
En même temps on encense un de nos athlètes des para-olympiques qui a gagné trois médailles d’or.
Je m’interroge.
Pourquoi ne lui conteste-t-on pas alors son droit à l’AI ?
Cette personne ma foi, malgré son handicap démontre qu’il fait mieux qu’une personne normale.
( Oups ! Je devrai dire à la place de normale, non handicapée. )

Personnellement, j’ai toujours considéré que l’à-priori participait de notre survie et n’était pas une tare.
Ne pas vouloir caresser un serpent (c’est un à priori) en le traitant de sale bête (c’est un pré jugé), par exemple, un cobra me paraît salutaire.
Alors qu’aujourd’hui, la société des bien pensants me reprocherait mon « herpephobie ».
Herpephobie qui serait vraiment du racisme anti serpents, si je les maltraite et les zigouille systématiquement.

Ensuite vient le pré jugé. Irrationnel, mais pas criminel quand même.
Pas sympa, d’accord.
Je n’aime pas les poireaux.
Aussi, les vaudois qui en ont fait un plat cantonal, sont de mon point de vue des barbares dégoûtants.
Entre Genève et le Valais, il y a le canton de Vaud par la route.
Continuons dans la logique actuelle de nos luttes contre les discriminations, et je devrai passer par la France, sous peine de prison.

Le racisme c’est quand on nuit intentionnellement et volontairement à quelqu’un, sous prétexte qu’il n’est pas de notre race, de notre culture et de notre pays.
Aussi, si on lutte contre le racisme, on punit ses effets, pas les à priori et les préjugés.

A écouter la bande d’abrutis du programme genevois de l’hymne à la diversité, on ne pourrait plus écouter « Le Rital » de Claude Barzotti sans entendre un BEEEP à tout bout de champ, et en prison si on aime.

Méa Culpa.
J’ai dans mon texte utilisé le terme race.
Génétiquement je devrais plutôt écrire :
« Les êtres humains qui ont moins ou pas de « gênes néendertaliens » que moi »
pour être selon nos nouvelles normes, politiquement correct.

Je hais cette société imbécile !
Gagné !
Fiché S comme n’importe quel radicalisé par nos génies des Services secrets.

Écrit par : Cyan | 25/03/2018

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J'ai bien peur qu'à force d'essayer de nous culpabiliser encore et encore avec leur catéchisme anti-raciste, nos autorités ne soient en train de prendre le risque de nous rendre racistes.


Qui peut supporter ad aeternam de s'entendre considéré comme coupable de crimes qu'il n'a pas commis, du seul fait de la couleur claire de sa peau, alors que d'autres sont excusés ou exonérés de tout crime commis, du seul fait de la couleur foncée de leur peau.

Un exemple ?

Dans l'affaire Théo en France, les policiers (blancs) ont été automatiquement présentés comme coupables de viol, et le dealeur (noir)automatiquement présenté comme une innocente victime. Quand il s'est avéré, preuve vidéo à l'appui, que les policiers étaient innocents et que le dealeur était un menteur, la presse n'en a presque pas parlé. Les coupables devaient être blancs et la victime devait être noire.

A Lausanne, il semble qu'une affaire du même ordre soit en cours : les policiers (blancs) doivent être coupables, et le dealeur (noir) doit être une innocente victime de la "violence policière", même s'il s'avère qu'il a lui même avalé la poudre qu'il avait dans la bouche. Il n'est plus question d'évaluer si un crime a été commis par un individu, il faut juste savoir qui est blanc, donc coupable, et qui est noir, donc innocent.

Une société qui se retourne d'abord contre ces citoyens et contre sa police et qui juge de qui est innocent et de qui est coupable selon la couleur de peau est une société malade qui ne pourra pas perdurer sur le long terme.

Écrit par : Anna | 25/03/2018

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"Une société qui se retourne d'abord contre ces citoyens et contre sa police et qui juge de qui est innocent et de qui est coupable selon la couleur de peau est une société malade qui ne pourra pas perdurer sur le long terme."

Paroles on ne peut pas plus justes, mais que la majorité de nos politiciens et une partie de nos concitoyens sont INCAPABLES de comprendre!!!

Écrit par : Hakim | 25/03/2018

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A quand la discrimination positive dans les prisons ? C'est toujours les mêmes qui y ont droit.

Écrit par : norbert maendly | 26/03/2018

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