07/12/2018

Le foulard est au cœur de la loi sur la laïcité

La loi genevoise sur la laïcité sera soumise au vote le 10 février prochain. L’islam et le voile sont les vedettes du débat... et du combat.


Référendum laïcité.jpg

De gauche à droite: Sabine Tiguemounine, conseillère municipale verte à Meyrin, qui fréquente volontiers l’extrémiste Hani Ramadan, Jocelyne Haller et Pierre Vanek, députés du mouvement d'extrême gauche Solidarités, et Inès El-Shikh, membre du collectif Faites des vagues.

Quelle surprise! Ce soir-là, aucun chrétien portant sa célèbre croix ostentatoire, ni aucun juif sa non moins célèbre kippa ne sont venus quereller les défenseurs de la loi sur la laïcité. Seul l’islam revendicateur et voilé l’a fait. C’est un peu ennuyeux pour l’Association «La laïcité, ma liberté», organisatrice de cette soirée,  dont de nombreux membres tiennent à ne pas cibler l’islam dans la campagne. Las! Malgré ces efforts, joints à ceux des rédacteurs de la loi, les musulmans se sentent stigmatisés. Pour l’imam chiite Vahid Khoshideh la loi est même «raciste et islamophobe».

Mais quels autres dévots que les musulmans posent d’incessants problèmes? Pour les résoudre, la loi offre un pot-pourri de solutions, mais pas d'interdiction de la burqa dans l'espace public, ni du foulard des fillettes à l'école, et la proscription du voile touche une partie seulement des fonctionnaires.

Au centre du texte tout de même, les restrictions au port du foulard. S’il passe, les élues des organes exécutifs, législatifs et judiciaires ne pourront le porter lorsqu’elles siègent. Et pas non plus les fonctionnaires en contact avec le public. Or, de nombreuses musulmanes ne peuvent plus vivre sans foulard, et leur douleur s’exprime, comme ce soir-là, par une émotion intense et une incompréhension totale que nous puissions voir d’un mauvais œil ce symbole d’oppression des femmes.

 Mon foulard, ma pudeur, mon islam… Elles souhaitent à tout prix porter ce souvenir d’une existence totalement contrôlée par les hommes. Une réalité encore bien présente dans les pays soumis à leur religion qui tous, en son nom, discriminent les femmes. Mais pour elles, cette religion reste supérieure à toutes les autres,  quoi qu’elle ait produit, quoi qu’elle produise. Et elles le font savoir par leur cornette islamique.

 

Une ambition dans la vie: rendre visible sa croyance!

 A Genève aussi, comme je l’ai relaté, la jeunesse musulmane a comme principale et parfois seule ambition de nous imposer ses marqueurs. Ce soir-là, la contestation s’est faite par quatre filles voilées, soutenues par une jeune juriste non voilée, mais qui songe à embrasser ce cruel destin. Et par un converti prompt à venir en aide à ses protégées lorsqu’il pense qu’elles ne savent plus pourquoi elles portent cet ostensible couvre-chef. Pourquoi? C’était ma question. «Selon une injonction coranique, répond le fan de ces dames, les femmes doivent se couvrir pour se protéger. C’est une question de pudeur.»  

Oui: lorsqu’on est pudique, on cache ses cheveux. Mais alors, serions-nous impudiques? «Mais non, mais non», m’assure en coulisse une jeune voilée qui précise que jamais elle ne se montrerait bras ou jambes nues. Cette pudeur est donc une spécificité tout islamique dont la définition m’échappe. De même que m’échappe cette dénégation de mon interlocutrice: selon elle, il est tout à fait faux de dire comme je le fais que plus un mouvement est radical, plus il couvre les femmes.

Le pasteur Vincent Schmid et Pierre Conne, député PLR, étaient natacha-buffet2-845x321.jpgchargés du plaidoyer. Le débat qui a suivi a été particulièrement courtois et les musulmanes ont pu en toute liberté exprimer leur désarroi. Natacha Buffet Desfayes, présidente de «La laïcité, ma liberté» a veillé avec subtilité à ces échanges.  

 

Introduire l’islam à l’école?

 

Comme dirait le philosophe Philippe Murray, «laïque ou laquais, il faut choisir». J’ai cru avoir choisi, je suis membre de «La laïcité, ma liberté». Mais il y a quelques jours, le feu a pris au sein du comité de l’Association suisse vigilance islam. Nathalie (pardon  pour les pseudos, mais l’ASVI n’est pas un lieu très vénéré) a attiré notre attention sur l’article 11 de la loi: l’obligation d’enseigner à l’école obligatoire «le fait religieux dans sa diversité» (un sacré défi, puisque 400 communautés communient  à Genève). Des enseignants du DIP seront chargés de cette mission.

Laicité_messe_dessin.jpgPour l’instant, chaque canton en fait à sa tête. En Suisse romande, Genève a la chance quasi unique (avec à peu de chose près Neuchâtel) de ne pas avoir de cours spécifique de religion. Ailleurs, ils se sont implantés lorsque les autorités ont craint que le déchainement terroriste et d’autres manifestations violents laissent croire aux enfants que l’islam y serait pour quelque chose. Il fallait donc agir sur leur ignorance, «favoriser le vivre ensemble», enseigner une «connaissance factuelle sur les grandes traditions religieuses et humanistes», décrire le fait religieux comme une réalité historique «sans jugement et sans prosélytisme».

Un manuel d’histoire destiné aux écoles romandes et tessinoises donne mille fois raison aux adversaires de cette innovation. Il emprunte la description idyllique d’El-Andalus, un chapitre aussi long que celui consacré à l’Empire romain, nous précise l’auteure de l’article: «Cette période-clé de notre histoire, sans laquelle l’héritage égyptien, grec et romain ne nous serait pas parvenu...» Une vision de plus en plus critiquée par des spécialistes pointus. Le débat chauffe même sur Wikipédia. Mais  le journal en ligne socialiste Domaine public n’a jamais entendu parler de ces contestations. Son titre est éloquent: «L’islam entre dans les écoles, enfin, et sans faire de bruit».

Même sans loi, Genève échappera-t-elle à ce genre de manipulation?

 

Débat interne

 

Nathalie qui s'oppose à  l'introduction de ce fait religieux, et aussi au voile, a «l'impression de devoir choisir entre la peste et le choléra» . Elle craint que cet enseignement soit une occasion de plus pour les chrétiens de battre leur coulpe  en s'excusant des actes de leurs ancêtres coupables des croisades et de l'inquisition, quand du côté de l'islam on évitera toute remise en question «pour ne pas offenser nos concitoyens musulmans que l'on considère toujours comme incapables de faire le chemin qui a été demandé au christianisme».  

Le débat interne prend son envol, et Nathalie gagne à sa cause  Steff, Henri, Jeannine, Camille et Patrice. Ce dernier se demande si  «cet enseignement islamophile et christianophobe ne risque pas de poser un plus grand problème à long terme que celui du foulard, déjà pratiquement interdit pour les fonctionnaires en contact avec le public». Une moitié du comité ne se prononce pas, un ou deux soutiennent ma position.

L’ASVI va rediscuter du sujet. Une possibilité: soutenir la loi, mais se promettre une stricte surveillance de l’enseignement, et un passage à l’offensive si nécessaire. Avec l’appui des animateurs de «La laïcité, ma liberté», bien sûr.

C’est mon avis, car voter non à cette loi, ce serait s’unir aux complices de la pensée fossilisée et puritaine de l’islam: le clergé «féministe» islamique, les oulémas des syndicats, la gauche et l’extrême gauche dévotes, les disciples du prophète et les Verts, toujours enthousiasmés par l’islam orthodoxe. Tous sont réunis sous le label «Genève multiculturelle», et ils ont pour slogans de campagne: «Non à une loi qui exclut, discrimine, une loi liberticide, qui bafoue des droits fondamentaux». On aura compris que le foulard est bien la vedette de cette rébellion. J’aurais de la peine à laisser le champ libre à ses protecteurs, mais la démocratie règne aussi à l'ASVI.

Notons que dans l’inventaire à la Prévert qu’ont voté les députés, on trouve la gestion des contributions religieuses volontaires par l’État, des restrictions de manifestations sur la voie publique, l'aumônerie financée par les pouvoirs publics, mais pas dans sa partie "cultuelle". Pas de quoi enflammer les citoyens... et pas non plus l’enseignement de la religion, contrairement à la question du foulard.

Si le peuple accepte la loi, la question ne sera cependant pas résolue: les Verts et le Réseau évangélique déposeront un recours à la Cour constitutionnelle.

16:18 Publié dans Femmes, Genève, Manifestations, débats, Voile, niqab, etc. | Tags : loi laïcité | Lien permanent | Commentaires (19) |  Imprimer | |  Facebook | | |

Commentaires

Absolument le foulard comme signe de la "liberté des femmes"! Quand je vois qui est assis sur cette photo, je fuis! La gauche a toujours été fascinée par les dictatures! Rappelons que "Bourguiba" avait interdit le voile dans toutes les écoles et les universités tunisiennes! Bourguiba qui a alphabétisé plus de 75% des tunisiens! Pour lui la priorité n'était pas le voile, mais l'éducation, on voit où on en est aujourd'hui! Pas étonnant qu'"Emmanuel Todd" parle de "fragmentation" de la société française! Et ici a Genève on ose avoir un département de la "cohésion sociale et de la solidarité"!!!! Autisme quand tu nous tiens! La gauche exacerbe tous les communautarismes partout où elle a le pouvoir! Entre autres dans le 9/3 au Nord de Paris! Où les cafés dans "les quartiers sensibles", sont interdit aux femmes!

Écrit par : Dominique Degoumois | 07/12/2018

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Le débat autour de l'islam va peut-être commencer à prendre une dimension nouvelle:
http://premium.lefigaro.fr/international/2018/12/07/01003-20181207ARTFIG00106-face-a-la-montee-de-l-extremisme-les-emirats-arabes-unis-defendent-un-islam-tolerant.php

"La cinquième édition du «Forum pour la promotion de la paix dans les sociétés musulmanes», qui s'est tenue du 5 au 7 décembre à Abu Dhabi, a permis aux Émirats arabes unis (EAU) de proposer une partition diplomatique quelque peu différente de celles jouées par l'allié saoudien et l'adversaire qatarien. Ce forum, fondé en 2014 alors que Daech bâtissait son califat sur des territoires syriens et irakiens, entend toujours porter un message islamique tolérant, ouvert aux autres religions. Mais cette organisation, hébergée, financée et placée sous le patronage du ministère des Affaires étrangères d'Abu Dhabi, a depuis développé ses ramifications, avec l'espoir un jour de concurrencer le poids de l'idéologie salafiste comme celui des Frères musulmans.

Autour du cheikh Abdallah ben Bayyah, un savant islamique respecté originaire de Mauritanie, quelque 700 musulmans, juifs et chrétiens étaient ainsi réunis cette semaine à Abu Dhabi pour lancer la «nouvelle alliance des vertus». Dans sa jeunesse, Mahomet avait participé à la Mecque à une réunion entre tribus, certaines juives ou chrétiennes, qui s'étaient entendues sur une charte de valeurs, afin de mettre un terme à leurs conflits permanents. Après la révélation, le prophète de l'islam a confirmé qu'il demeurait fidèle à cette «alliance de vertus» louant la concorde entre les différentes religions.

..... Dans cet émirat, où pousse actuellement sous le soleil sapins et décorations de Noël, règne un esprit de tolérance religieuse, que la venue prochaine du pape, qui vient d'être annoncée, va encore renforcer.
.....
Abu Dhabi a dernièrement monté le Conseil mondial des communautés musulmanes, qui s'adresse aux musulmans vivant dans des pays qui ne le sont majoritairement pas.

Là encore, la diplomatie religieuse d'Abu Dhabi, en invitant les croyants à faire prévaloir leur citoyenneté, affronte les thèses salafistes, inspirées par le royaume saoudien, comme celles des Frères musulmans, liés au Qatar et à la Turquie. Ces deux idéologies expliquent aux minorités islamiques qu'ils leurs faut aussi respecter d'autres lois que celles de leurs pays de résidence, au nom d'une «vraie foi» qui pousse les croyants vers le fondamentalisme."

Enfin des voix musulmanes qui vont tenir un discours différent de celui des salafistes et des frères musulmans?

Écrit par : Arnica | 07/12/2018

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En quoi les EAU ont-ils besoin des juifs et des chrétiens pour se mettre à pratiquer un islam "modéré"(!) et lutter contre les Frères et le salafisme? Personne ne les empêche de supprimer leurs lois et pratiques discriminatoires envers les femmes (divorce, héritage, garde des enfants, autorisation de l’époux de les frapper). Ni de cesser de maltraiter leurs immigrés.

En quoi ont-ils besoin des juifs et des chrétiens pour supprimer les tortures et la peine de mort (pas souvent pratiquée, mais les EAU se sont opposés à un moratoire) pour de fort nombreux «crimes», dont l’apostasie, l’adultère et l’homosexualité? En quoi ne peuvent-ils pas tout seuls supprimer et la législation et les exécutions?

S'ils veulent promouvoir les droits humains dans les sociétés musulmanes, rien ne les y empêche.

Qu'ils autorisent la critique de leurs gouvernants.

Qu'ils séparent, seule solution pour progresser, le politique et le religieux… comme l’ont accepté les juifs et les chrétiens. et que ceux-ci cessent de participer à ces simagrées, qu’ils fuient en courant devant cette prétention des EAU à enseigner l’« islam modéré » aux musulmans d’Europe.

Extrait du dernier rapport d’Amnesty (2017-2918) :

Cette année encore, les autorités ont restreint de manière arbitraire la liberté d’expression et d’association, en utilisant les dispositions pénales relatives à la diffamation et les lois antiterroristes pour arrêter, poursuivre en justice, condamner et emprisonner des personnes critiques à l’égard du gouvernement, ainsi qu’un éminent défenseur des droits humains. De très nombreuses personnes condamnées à l’issue de procès iniques, parmi lesquelles des prisonniers d’opinion, se trouvaient toujours derrière les barreaux. Les autorités ont maintenu des personnes en détention dans des conditions pouvant s’apparenter à une forme de torture et n’ont pas enquêté sur les allégations de torture formulées au cours des années précédentes. Les femmes continuaient de subir des discriminations dans la législation et dans la pratique. Les travailleurs migrants demeuraient exposés à l’exploitation et aux mauvais traitements. Des tribunaux ont prononcé de nouvelles condamnations à mort, et une personne a été exécutée.

Écrit par : Mireille Vallette | 08/12/2018

Je voterai NON à cette loi. Outre qu'elle consacre l'enseignement du "fait religieux" (j'y reviendrai), cette loi abroge une loi précédente qui interdit les manifestations religieuses sur la voie publique. Pour moi, il est exclu d'abroger cette loi. La laïcité est la séparation de l'Etat et des religions: c'est-à-dire et contrairement à cette nouvelle "loi": pas de contribution prélevée pas l'Etat pour les religions, pas de prestation de serment dans la cathédrale, et pas d'enseignement de la religion dans les écoles publiques sous couvert du "fait religieux", cette sombre hypocrisie.

Car qu'est-ce qui va être enseigné? Les faits qui sont des faits ou les "faits" comme les comprennent les croyants?

Exemples:

La naissance virginale de jésus: va-t-on expliquer que c'est impossible biologiquement ou seulement que ce n'est que ce que croient les chretins? Et que par conséquent cette croyance est un mensonge.

La crucifixion: un fait: va-t-on expliquer que la crucifixion était réservée aux crimes les plus grave contre l'ordre impérial (comme la révolte de Spartacus)?

La résurrection, le paradis, l'enfer: même topo.

La bible: va-t-on expliquer qu'elle a été rédigée il y a environ 2700 ans par un monarque judéen alors que le royaume d'Israël avait déjà été conquis et soumis? Que c'est historiquement une oeuvre de propagande et un tissu de mensonges (temple de Salomon, etc.)? Que de nombreux mythes ont été pompés en Mésopotamie?

Va-t-on enseigner le créationnisme comme fait religieux? Et dire que chacun a droit à sa propre opinion sur le sujet. Ou dire que c'est ce que croient certains croyants (les plus bas de plafond), mais que ce n'est "pas la vérité" scientifique, c'est-à-dire que c'est un mensonge.

L'islam et l'imposteur: va-t-on enseigner que l'ange gabriel, la visite nocture à Jérusalem sont des contes à dormir debout, que l'imposteur était un assassin, un violeur, un pilleur de caravane, un chef de gang, un génocideur? Ce sont des faits. Ah, et qu'il a eu des rapports sexuels avec une enfant de 9 ans? Autre fait. Qu'il a fait tuer une femme pour adultère?

@Arnica
"Enfin des voix musulmanes qui vont tenir un discours différent de celui des salafistes et des frères musulmans?"
Quelle crédulité! Ou quelle naïveté! Ce n'est qu'une autre manière de faire de la propagande pour l'islam.
Vous devriez mieux vous renseigner sur ce qui se passe au Yémen avant d'accoler les mots "paix" et "e.a.u.".

Aux eau:
"Pour ceux qui sont athées ou agnostiques, dites si on vous le demande que vous êtes chrétiens (c'est ce que les locaux attendent des Européens), sans vous étendre sur la question. Etre athée ou ne pas croire en Dieu est très mal vu aux Emirats arabes unis."

Écrit par : Daniel | 07/12/2018

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"L’État est laïque. Il observe une neutralité religieuse": l'art. 3, premier alinéa de la Constitution genevoise pose le principe de la séparation de l'État et des églises.
Cela étant je comprends mal que le projet de loi sur la laïcité, tel qu'il sera soumis au peuple genevois en février prochain, puisse confier à l'État la mission d'enseigner le fait religieux dans les écoles. Chaque enseignant le fera à sa manière, avec sa sensibilité propre et ses convictions personnelles en arrière-plan. Il s'ensuit qu'il est impossible à l'État de garantir que dans chaque classe, cet enseignement sera dispensé de manière neutre.
Sur ce point en tout cas, la loi proposée me paraît inconstitutionnelle.

Écrit par : Mario Jelmini | 07/12/2018

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OUI A L'INTERDICTION DU VOILE/FOULARD ISLAMIQUE CHEZ NOUS!!!

Ce qui n'est ABSOLUMENT PAS une restriction de liberté religieuse car le voile n'est que le drapeau supra-étatique visant à étendre la visibilité de l'islamisme (islamiste = musulman pressé).

Le voile est imposé non par le coran mais PAR LA CHARIA, reconnue incompatible avec la démocratie par la Cour européenne des droits de l’homme déclare dans un arrêt du 31 juillet 2001 être incompatible avec la démocratie et les droits de l’Homme. Cet arrêt a d'ailleurs été confirmé par la grande chambre de cette Cour le 13 février 2003. (http://www.blog.sami-aldeeb.com/2011/01/18/la-loi-islamique-est-incompatible-avec-la-democratie-et-les-droits-de-lhomme/)

Mais la meilleure preuve que le voile n'est pas une obligation religieuse: en Iran, pays musulman s'il en est...Aucune femme n'était voilée avant 1979 et l'instauration du régime des mollahs (révolution islamique).

Écrit par : Sébastien | 07/12/2018

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@Daniel: oui, bien sûr, c'était d'ailleurs ma première réaction: voilà encore un exemple de taqqyia et d'enfumage pour se voiler de "paix et d'amour".

En attendant, ils tiennent leur conférence avec des juifs et avec des chrétiens, ce qui est tout de même très fort au rayon de la tolérance inter-religieuse. S'ils ont vraiment des décorations de Noël, c'est carrément.... Noël !!! Et s'ils invitent le Pape, eh bien.... les mots me manquent.

Cela dit, j'ai trouvé un article sur ce sujet sur La Croix et l'illustration ne montrait que des barbus avec voile blanc, de type Golfe Persique. Mais ce n'est peut-être dû qu'à la paresse de l'illustrateur.

C'est sans doute simplement une stratégie de guerre envers les Séoudiens et les Iraniens, mais à la bonne heure! A force de s'entre-batailler, ils finiront sans doute par nous f... la paix!

Écrit par : Arnica | 08/12/2018

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Je souscris pleinement au commentaire de Daniel et aimerais apporter quelques précisions à propos de ce passage où il écrit: "il [Mahomet] a eu des rapports sexuels avec une enfant de 9 ans".

Mahomet considérait qu’il n’est “aucune affliction plus nocive aux hommes que les femmes” (sahîh d’al-Boukhârî, volume 7, livre 62, n° 33). Et le Prophète savait de quoi il parlait puisqu’il eut au moins treize épouses (sans parler de Maria et de Rayhana, ses concubines), laissant neuf veuves à sa mort.

Parmi ces treize épouses se trouvait Aïcha, fille d’Abû Bakr, que Mahomet épousa alors qu’elle avait six ou sept ans. Mais ce n'est que lorsqu'elle avait 9 ans qu'il la déflora. Il convient donc de saluer la patience du Prophète, qui sut attendre trois ans avant de consommer le mariage.

Parmi les treize épouses de Mahomet se trouvait également Safiyya, une juive qu’il épousa après avoir fait torturer et tuer son mari Kinânah. Tout cela, on s’en doute, avec la bénédiction d’Allah.

J'espère que toutes ces belles choses seront enseignées dans les écoles de la République.

Écrit par : Mario Jelmini | 08/12/2018

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Les moines de Tibhirine qui ont été décapités en Algérie en 1996, passaient tout leur temps à soigner les plus pauvres qui tous sont musulmans dans ce pays! Et qui soignent aujourd'hui ces pauvres? Personne!

Écrit par : Dominique Degoumois | 08/12/2018

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Arnica a évoqué à deux reprises le prochain déplacement du pape aux Emirats Arabes Unis (EAU).

La capitale des EAU, c'est Abu Dhabi. Celui qui règne en maître sur les EAU, c'est le prince héritier Mohammed ben Zayed (MBZ), celui-là même qui a invité tous frais payés le Conseiller d'Etat Pierre Maudet et sa famille au grand complet.

Et voilà maintenant que c'est au tour du pape d'avoir accepté une invitation de MBZ aux EAU, où il se rendra en février prochain.
"«Un parfait exemple de la culture de la rencontre» promue sans relâche par François, a commenté le porte-parole du Vatican", peut-on lire sur http://www.rfi.fr/europe/20181206-vatican-le-pape-francois-visite-emirats-arabes-unis-fevrier.
Si ça peut faire avancer le Schmilblick, moi je veux bien...

Mais j'y pense, tout à coup: si Maudet s'est rendu aux EAU, n'était-ce pas pour préparer la visite du pape? Et favoriser le dialogue interreligieux? Dans l'intérêt de la paix dans le monde?

Un incompris, Pierre Maudet...

Écrit par : Mario Jelmini | 08/12/2018

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"se trouvait également Safiyya, une juive qu’il épousa après avoir fait torturer et tuer son mari Kinânah."
Soyons précis: il a fait assassiner non seulement le mari, mais aussi le père et le frère avant de la violer. Une famille juive faut-il préciser. Appelons les choses par leurs noms.

""L’État est laïque. Il observe une neutralité religieuse": l'art. 3, premier alinéa de la Constitution genevoise pose le principe de la séparation de l'État et des églises."
Pas d'accord, Mario. La neutralité implique le même traitement par l'Etat de TOUTES les religions, pas la séparation. Sans parler du fait que cet article est discriminatoire à l'égard des non-croyances et autres philosophies ou manière de penser.


@Arnica
"En attendant, ils tiennent leur conférence avec des juifs et avec des chrétiens, ce qui est tout de même très fort au rayon de la tolérance inter-religieuse."
Pure instrumentalisation. Comme à Genève en son temps avec le "dialogue interreligieux". Les chrétiens y ont vu l'occasion de faire parler d'eux alors qu'ils sont en voie de désertification. Mais ce sont les frérots qui ont obtenu gratos un moyen de propagande, notamment dans Le Courrier.

Le jour où un pays musulman admettra la conversion et l'apostasie, on en reparlera.

Écrit par : Daniel | 08/12/2018

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@ Daniel
Vous oubliez que l'art. 3 de la Constitution genevoise commence par poser le principe: "L’État est laïque". Qu'est-ce que cela signifie? Cela signifie que l'État "est indépendant vis-à-vis du clergé et de l'Église, et plus généralement de toute confession religieuse" (définition empruntée à http://www.cnrtl.fr/definition/laïque/adjectif). Il s'ensuit bel et bien que la Constitution genevoise consacre le principe de la séparation de l'État et des religions, quelles qu'elles soient. Je ne vois pas en quoi l'art. 3 serait "discriminatoire à l'égard des non-croyances et autres philosophies ou manière de penser", pour reprendre vos termes. Au contraire, puisque l'État est censé rester neutre face à ces questions.

Ce que je trouve saugrenu, dans cette affaire, c'est que nonobstant l'art. 3 de sa Constitution, l'État de Genève veut confier à des fonctionnaires le soin d'enseigner à l'école obligatoire «le fait religieux dans sa diversité». Comme je l'ai écrit dans mon commentaire du 07.12, chaque enseignant le fera à sa manière, avec sa sensibilité propre et ses convictions personnelles en toile de fond. Il s'ensuit qu'il est impossible à l'État de garantir que dans chaque classe, cet enseignement sera dispensé de manière neutre et objective. D'où ma conclusion: l'art. 11 de la loi sur la laïcité telle qu'elle sera soumise au peuple genevois le 10 février est incompatible avec l'art. 3 de la Constitution genevoise, qui impose à l'État de rester neutre en matière religieuse.

Écrit par : Mario Jelmini | 09/12/2018

Complément (précision): pensez-vous que des maîtres d'école de confession juive, chrétienne, musulmane ou sans confession enseigneront "le fait religieux" à leurs élèves de manière comparable? Ceci est une illusion.
Et pour s'en tenir aux enseignants d'obédience chrétienne, pensez-vous qu'un catholique, un protestant, un évangélique, un témoin de Jéhovah, un mormon aborderont l'enseignement du fait religieux de la même manière?

L'État n'a pas à se mêler de l'enseignement religieux. Pas plus que les religions, qui prétendent exercer le pouvoir spirituel, n'ont à empiéter sur le pouvoir temporel, représenté par l'État.
On voit ce que le mélange des genres donne dans les pays dominés par la charia.

Tariq Ramadan a été professeur au collège de Saussure pendant plusieurs années. Qui nous dit qu'il ne se trouvera pas, parmi les maîtres chargés d'enseigner le fait religieux aux enfants, des enseignants aussi acharnés à défendre l'islam que Tariq Ramadan?

Écrit par : Mario Jelmini | 09/12/2018

@ Daniel, qui a écrit:
"Neutralité par exemple peut vouloir dire que l’État subventionne toutes les religions de manière égale en fonction du nombre d'adeptes. Et donc les non religions seront discriminées."

Voici les deux définitions de la neutralité données par http://www.cnrtl.fr/definition/neutralité :
1) en général:
"(...) attitude (...) d'une organisation qui s'abstient de prendre parti dans un débat, une discussion, un conflit opposant des personnes, des thèses ou des positions divergentes";
2) pour ce qui est de l'État:
"Attitude d'un État qui s'abstient de prendre position dans les domaines de la politique, de la religion, de l'idéologie, de la morale".
Le même article définit ainsi la neutralité de l'enseignement: "Principe selon lequel l'enseignement doit être neutre, ne doit favoriser aucune confession religieuse, aucune opinion philosophique, politique dans les établissements publics."

À mon sens, si un État subventionne les religions, fût-ce de manière égale (par exemple en fonction du nombre des adhérents), il n'est déjà plus neutre car il prend parti au détriment des personnes sans confession. Sur ce point je vous rejoins, Daniel.

Cela étant je suis d'avis que la laïcité et le principe de la neutralité impliquent que l'État ne doit pas se mêler de religion, de quelque manières que ce soit.
À cet égard, j'ai beaucoup apprécié le commentaire écrit par cyan!

Écrit par : Mario Jelmini | 10/12/2018

L’obligation d’enseigner à l’école obligatoire «le fait religieux dans sa diversité» ?
Déjà qu’on constate de plus en plus que l’école n’apprend plus à lire et à compter, et ne rêvons pas, à penser, nos autorités ont en plus l’ambition de promouvoir la superstition, la soumission et l’intolérance
Et, quoi y enseigner avec le fait religieux ?
Que dieu a un fils qui marche sur l’eau, né d’une conception hors nature, qui a ressuscité le troisième jour après avoir été cloué sur une croix ?
Qu’on accède à un paradis ou on peut se saouler, le vin coulant dans des fontaines, alors que c’est interdit sur terre ?
Qu’un Dieu ouvre la mer en deux pour permettre le passage de son peuple, qu’un autre réserve des vierges en quantité pour le lit du fidèle, qui prend place près du Prophète après avoir trucidé un maximum d’innocents ?
Je cite ici Michel Onfray avec qui je partage l’inutilité de l’enseignement du fait religieux.
« …Au bout du compte, derrière ces fabulations apparemment inoffensives, il s'agit toujours de promouvoir la morale judéo-chrétienne ou celle des musulmans qui, sous d'apparentes divergences, enseignent une même haine de la femme, de la vie, de l'ici et maintenant, de l'infidèle, de l'incroyant ou de l'athée. Toutes justifient le passage sur terre comme une punition, une vallée de larmes, une occasion d'expier. Les trois comptabilisent chaque jour des morts infligés au nom de leurs livres saints. »
Une des vertus de la laïcité était bien de virer les prêtres, les prédicateurs et autres suceurs d’âmes de l’instruction publique.
L’instruction publique étant censée émanciper les peuples des fadaises et fariboles au profit de la vraie connaissance, afin de l’amener à se libérer et fonder une société démocratique, égalitaire en droit et bien gérée.
Comment peut-on régresser à ce point-là ?
Les prochaines étapes seront sans doute, la diététique enseignée par Mc Do et Starbuck, l’écologie par Total et Bayer Montsanto, la compréhension de texte par Segala etc…
Nous sommes vraiment gouvernés par des crétins qui ne voient pas que nous nous en rendons de plus en plus compte.

Écrit par : cyan | 09/12/2018

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Chère Madame Vallette avez vous entendu parler du livre de "Jean-Frédérique Poisson" (l'islam à la conquête de l'occident), sur youtube (Le talk de Jean-Frédérique Poisson, la seule solution est que macron parte)! Il y parle de ce livre brillamment! Il s'était présenté aux dernières élections présidentielles je l'ai toujours trouvé très brillant, pondéré et sans arrogance! Salutations!! Ce qu'il dit sur l'islam est dans notre sens, incompatibilité de l'islam avec nos valeurs!
https://www.youtube.com/watch?v=0FsT0UP_YL4

Écrit par : Dominique Degoumois | 09/12/2018

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@ Mario
Ben, le problème encore une fois est que la Constitution n'est pas respectée par cette loi dans PLUSIEURS articles. Neutralité ne veut pas dire et n'implique pas séparation et cette séparation n'existe pas dans la loi: contribution ecclésiastique, enseignement du "fait" religieux à tout le moins.

Neutralité par exemple peut vouloir dire que l’État subventionne toutes les religions de manière égale en fonction du nombre d'adeptes. Et donc les non religions seront discriminées.

La "neutralité" ne sera pas respectée, car il ne sera pas enseigné toutes les religions. D'autant que si vous donnez une définition de la laïcité avec laquelle je suis d'accord (à condition d'utiliser le terme séparation et non indépendance), certaines personnes intéressées vont vouloir parler de laïcité "ouverte"... où l’État se mêle d'enseignement religieux...

Écrit par : Daniel | 10/12/2018

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Président en exercice Jacques Chirac avait mis en garde à propos des musulmans devenus français.

Il ne fallait pas qu'ils disent "je suis musulman de France" mais, toujours selon Jacques Chirac: "je suis Français de confession musulmane" donc en aucun cas voué à la conquête de l'Occident par l'islam.

Que de temps perdu avec ces histoires de voiles qui ne signifient en réalité pas plus recherche impartiale de la vérité qu'amour ou respect du prochain.

Comment ne pas respecter la pensée de Tolstoï selon laquelle "Là où il y a l'amour là il y a Dieu"... en comprenant Dieu par "sens" ce qui donne goût ou raison de vivre.

Evangiles: "Là où est ton coeur lâ est ton trésor"!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 10/12/2018

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@ Daniel
J'ai réagi à votre dernier commentaire par un commentaire qui, malheureusement, a été publié trois commentaires plus haut que le vôtre (juste avant celui de cyan)!

Écrit par : Mario Jelmini | 10/12/2018

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