Ecole de travail social: l'ASVI provoque la polémique (11/01/2019)

Suite aux articles inspirés par notre communiqué de presse, la présidente du mouvement «La laïcité, ma liberté» annonce une question écrite au Grand Conseil. Quant au juriste de la HETS, il  intervient auprès de la Tribune.

L’ASVI a envoyé un communiqué aux médias afin de dénoncer l'offensive contre la  laïcité d’une frange d'étudiants. La Tribune de Genève, Le Courrier et Le Temps ont consacré un article à cette polémique. Natacha Buffet-Desfayes, présidente du mouvement «La laïcité, ma liberté» annonce pour sa part une intervention auprès du Conseil d'Etat.

Le Courrier reprend nos critiques: «manifestation contre la laïcité» et «nouvelle offensive islamique» à un mois du scrutin sur la loi et but de la manifestation: faire accepter le port du voile. Rachad Armanios reprend aussi les étranges déclarations des étudiants: pourquoi des professionnels portant le voile ou des chrétiens donnant des cours de catéchisme sont-ils si difficilement engagés dans le social? Et de citer la mise à l’écart d’une «valeur fondamentale, le respect de la dignité humaine», enfin l’affirmation des organisateurs selon laquelle une stricte laïcité s’oppose aux valeurs d’ouverture du travail social.

Vanessa Moser, porte-parole du colloque, nie que le voile soit une question centrale (et n’ose pas citer la kippa et la croix!). Quant à la directrice Joëlle Libois, elle estime, vu l’importance du sujet parmi les usagers, que les étudiants «doivent être outillés». Et que tout cela «n’a rien à voir avec l’islamisme». Le journaliste s’étonne que Jocelyne Haller soit invitée, «mais aucun de ses adversaires ». C’est un malentendu répond la directrice : « Elle intervient au nom d’Avenir social qui a élaboré le code de déontologie professionnel… »

Dans la Tribune de Genève, Luca Di Stefano signale que «Mireille Vallette, coutumière des coups de sang contre ce qu’elle nomme "l’avancée de l’islam» s’est adressée à la directrice de l’école, aux intervenants et à la conseillère d’État. «A l’entendre» , l’événement serait en fait «une manifestation contre la laïcit黫Pour appuyer ses propos», elle se réfère à la lettre ouverte des étudiants (le journaliste refuse obstinément de la lire pour savoir si oui ou non ce qu'elle dit est vrai). Les arguments des étudiants sont ensuite largement repris. Et leur porte-parole affirme que la proximité entre cet évènement et la votation relève du hasard. «L’objet de  la votation sera sans doute soulevé, mais ce n’est pas l’objet principal.» La directrice confirme et ajoute que les étudiants ont interrogé des jeunes durant plusieurs mois sur leur rapport à la religion, dont les résultats seront révélés lors de la manifestation. Et dans leur lettre ouverte, ajoute-t-elle, «ils ouvrent le débat».

Le Temps, paru le lendemain vendredi, parle plus généralement du contexte de cette loi, mais commence par la polémique liée à l’évènement de la Haute école de travail social. "Cela pose problème d’organiser ce colloque public pendant la campagne de votation, estime sa présidente, Mireille Vallette. Car il suffit de lire le programme pour s’apercevoir qu’il n’y aura pas de débat, juste de la publicité pour la tolérance à l’égard du voile islamique." Dans une lettre ouverte adressée aux directions d’institutions sociales de Genève, les étudiants affirment en effet clairement que l’interdiction faite aux fonctionnaires d’afficher leurs appartenances religieuses – un des points de la loi – est contraire au principe de non-discrimination.»

« La Laïcité, ma liberté, créée pour contrer les référendaires à la LLE et qui réunit une centaine de membres de toutes les couleurs politiques, va aussi écrire à la ministre. Et la députée PLR Natacha Buffet-Desfayes, par ailleurs membre de cette association, va déposer d’ici peu une question écrite urgente au Conseil d’Etat: «Nous allons l’interroger sur le calendrier de ce colloque, qui nous semble problématique, ainsi que sur le mélange des genres au niveau du contenu. Les propos du programme sont souvent orientés et opposés à la laïcité.»

Le DIP répond simplement que «la HETS est souveraine et indépendante».

J'ajouterai enfin que l'intervention d'un "avocat" auprès de la  Tribune à propos du post qui précède n’était pas un canular comme je l'ai dit dans un commentaire. C'est le juriste de la HETS Grégoire Mercier qui a contacté le responsable des blogs. Celui-ci a retiré l'article environ quatre heures en attendant de  pouvoir prendre connaissance du "dossier". L'article a ensuite été remis en ligne. Le juriste s'est alors adressé au rédacteur en chef de la Tribune. Je ne connais pas la teneur de ses propos, mais j'imagine son grand souhait de voir à nouveau et définitivement retirer le post. Pour l'instant, seule la photo de Joëlle Libois a été supprimée à sa demande, pour une question de copyright.

Après avoir ouvert ses portes au combat contre la laïcité, la HETS voudrait donc fermer celles de la liberté d'expression.

Dites-moi que je rêve!

 

Lettre ouverte des étudiants

Lettre à Joëlle Libois, directrice de la HETS

Communiqué de presse

 

 

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